Le dossier du refinancement de la Saur aboutit après six mois de tractations
Hime, la maison-mère de la Saur, n’ira pas en redressement judicaire. La dernière barrière à la procédure de conciliation entre créanciers et actionnaires a été levée hier, cinq jours avant la date butoir du 30 juin qui avait été fixée par le tribunal de commerce, et après six mois d’intenses tractations.
Cube Infrastructure a finalement donné son accord au projet de refinancement de Hime soutenu par les banques. Le fonds se rallie ainsi à l’avis des trois autres actionnaires, le Fonds stratégique d’investissement, Séché Environnement et Axa PE. Cet accord unanime des actionnaires, qui suit celui des créanciers, était indispensable à la signature de la conciliation. L’accord doit maintenant être validé par le tribunal de commerce.
«Cube s’est rallié à l’offre des banques dans les mêmes conditions que tous les actionnaires», précise un porte-parole du fonds. Cube avait tenté de son côté de proposer une offre de reprise. Sa part de 12% au capital a été cédée pour un euro symbolique au consortium bancaire, dirigé par BNP Paribas et Natixis. La prochaine conversion des créances des banques leur donnera l’intégralité du capital. A charge désormais pour elles de gérer la Saur, le numéro trois français de l’eau derrière Veolia et Suez Environnement. Un conseil de surveillance sera mis en place, présidé par Jean-Pierre Rodier, l’ancien PDG de Pechiney. Le directoire sera présidé par Olivier Brousse, l’actuel PDG de la Saur.
L’accord prévoit d’annuler la moitié de la dette senior pour la ramener à 900 millions d’euros. 150 millions supplémentaires pourraient être abandonnés à l'échéance 2019 si le groupe est en difficulté. La dette résiduelle représenterait alors trois fois l’Ebitda du groupe. Le montant des intérêts annuels est plafonné à 30 millions d’euros, trois fois moins que ce que devrait payer la société.
Les banques prévoient également d’ajouter 200 millions d’euros au bilan via de la dette subordonnée. Au total, les banques ont donc renoncé à 900 millions d’euros de créances. Les actionnaires auront pour leur part perdu 765 millions d’euros de capital.
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