Le dividende des opérateurs de télécoms européens n’est plus une zone de refuge
En annonçant une baisse de son dividende 2012, versé en 2013, à 1,5 euro par action, Telefonica a surpris le marché. Si certains s’inquiétaient pour le maintien du coupon distribué en 2014, rares étaient les investisseurs à craindre pour celui payé en 2013. La direction de l’opérateur de télécommunications espagnol s’était en effet engagée à plusieurs reprises à distribuer 1,75 euro à cet horizon.
Résultat, alors que de nombreux investisseurs voyaient le secteur européen des télécoms comme une zone de refuge dans le contexte actuel, avec d’importantes positions longues sur les titres des principaux opérateurs, certains commencent à douter. Hier, le cours de Telefonica a plié de 1%.
Pour les analystes de JPMorgan, la décision de Telefonica «ne devrait pas entraîner une vague généralisée de réduction des dividendes à court terme». D’ailleurs, l’indice Stoxx des télécoms a gagné 0,3% hier. Mais elle pourrait servir de référence en cas d’une aggravation des contraintes auxquelles les opérateurs pourraient avoir à faire face compte tenu de la dégradation du contexte économique en Europe. Avec le ralentissement de leur activité et la pression sur leurs marges, certains groupes risquent d’avoir du mal à autofinancer le paiement de leur dividende.
Pour Deutsche Telekom, le dividende représente environ 60% du cash-flow annuel. Pour France Télécom, le ratio monte à 70%. Mais pour des groupes comme Belgacom, Portugal Telecom ou TeliaSonera, le niveau dépasse les 90%. S&P a d’ailleurs récemment prévenu que pour les émetteurs du secteur dont la marge de manœuvre est actuellement la plus limitée (Telecom Italia, KPN ou TDC), elle surveillerait de près les engagements pris sur le niveau de leur dividende.
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