Le distributeur Ahold recycle le produit de la cession d’ICA dans ses rachats d’actions
Si la rentabilité opérationnelle d’Ahold laisse encore à désirer au premier trimestre 2013, ses actionnaires ne seront sans doute pas mécontents de la façon dont le distributeur néerlandais entend utiliser le produit de cession d’ICA. Une grande partie du flux de trésorerie de 2,5 milliards d’euros récoltés en février dernier à l’occasion de la vente de la chaîne suédoise de supermarchés au groupe Hakon servira en effet à accroître ses rachats d’actions. Sur ce montant total, 1,75 milliard provient de la plus-value de cession de sa part de 60% dans ICA et le reste correspond au dividende reçu de sa filiale.
Son programme de rachat de titres, dont la réalisation devrait être menée à bien «d’ici fin 2014», est donc porté à 2 milliards d’euros, contre 500 millions initialement prévus. Constatant que ce plan porte désormais «sur plus de 14% du capital» en circulation, les analystes d’Oddo Securities soulignent que seulement 122 millions d’euros ont été déjà rachetés à la date du 3 juin. Cette augmentation du «share buyback» «compensera la dilution des bénéfices engendrée par le désengagement d’ICA, en préservant des ressources suffisantes pour qu’Ahold poursuive sa politique de croissance externe», juge de son côté le bureau d’analyse de SNS-Securities.
Disposant à fin mars d’une trésorerie nette de 1,2 milliard, le groupe entend maintenir «une approche équilibrée dans l’allocation du capital» afin de préserver «une structure de bilan efficace», commente le directeur général Dick Boer. En excluant le gain non récurrent lié à la cession d’ICA, le bénéfice net trimestriel des opérations poursuivies affiche en rythme annuel une chute de 19,1% à 208 millions d’euros.
A contrario, la baisse apparente de 16,5% à 345 millions d’euros du bénéfice opérationnel reflète en quasi-totalité la charge de 63 millions lié au règlement d’un litige sur des fonds de pension américains. La marge sous-jacente s’érode légèrement d’un an sur l’autre (4,1% contre 4,3%), malgré une hausse de 4,1% du chiffre d’affaires à 10,1 milliard (+4,4% à taux de change constant) qui traduit des gains notables de parts de marché aux Pays-Bas, en Belgique et aux Etats-Unis.
Restant prudent pour l’ensemble de l’exercice, Ahold estime être en mesure de respecter son objectif de réduction de coûts fixé à 600 millions d’euros d’ici 2014.
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