Le directeur général d’Alcatel-Lucent part sur un échec cinglant
Plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires évaporés. Quasiment 1,6 milliard d’euros de pertes nettes cumulées. Et plus de 2,6 milliards d’euros de cash-flow brûlés. Quatre exercices pleins après son arrivée à la direction générale, Ben Verwaayen a échoué à faire d’Alcatel-Lucent une «entreprise normale», bénéficiaire et en mesure de distribuer un dividende. Son prochain départ, après l’assemblée générale et le temps de trouver un successeur, ne semble donc pas anormal.
Malgré ses nombreux efforts, sa stratégie n’a pas abouti. Le contexte économique n’a pas aidé. Mais comparé au suédois Ericsson, confronté aux mêmes contractions de marché et à la même concurrence des équipementiers chinois, l’échec est flagrant: depuis mi-2008 le cours de l’action Alcatel-Lucent a fondu de 66%, celui d’Ericsson a gagné 15%.
Depuis l’arrivé de Ben Verwaayen et la mise en place de son premier plan de réduction des coûts en décembre 2008, Alcatel-Lucent a lancé chaque année des restructurations pour un montant cumulé de 2,7 milliards d’euros. Mais, selon les calculs des analystes de Credit Suisse, la base de coûts opérationnels de la société n’a été réduite que de 350 millions d’euros sur la période «ce qui amène à s’interroger sur l’efficacité de ces plans». Le groupe n’a pas réussi à combler son déficit de compétitivité avec ses concurrents européens. Fin 2012, les charges opérationnelles d’Alcatel-Lucent représentaient environ 33% de son chiffre d’affaires, soit environ 2 points de moins que 4 ans auparavant.
Dans le même temps, celles d’Ericsson et de Nokia Siemens Networks ont été réduites de 2 à 4 points, pour tomber autour de 26% fin 2012. Plus petit et moins rentable que ses concurrents, le groupe franco-américain continue pourtant de développer un portefeuille de produits nettement plus large.
Preuve de la difficulté du groupe à dégager des profits, les analystes de la Société Générale s’inquiétaient hier des nouvelles pertes de la division équipements de cœur de réseaux du groupe au dernier trimestre 2012, alors que les commandes des opérateurs sur ce marché, notamment aux Etats-Unis, sont à des niveaux élevés. Un temps euphorique, avec une hausse de 11% du cours de l’action en début de séance hier, le marché s’est rapidement souvenu de l’ampleur de la tâche qui attend le futur remplaçant de Ben Verwaayen. Le titre a fini en baisse de 4,86 %.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?