Le directeur général d’Alcatel-Lucent part sur un échec cinglant

Malgré 2,7 milliards d’euros de plans de restructuration depuis l’arrivée de Ben Verwaayen mi-2008, le groupe n’arrive pas à gagner de l’argent
Olivier Pinaud
Ben Verwaayen. Photo: Hamilton/REA
Philippe Mudry  - 

Plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires évaporés. Quasiment 1,6 milliard d’euros de pertes nettes cumulées. Et plus de 2,6 milliards d’euros de cash-flow brûlés. Quatre exercices pleins après son arrivée à la direction générale, Ben Verwaayen a échoué à faire d’Alcatel-Lucent une «entreprise normale», bénéficiaire et en mesure de distribuer un dividende. Son prochain départ, après l’assemblée générale et le temps de trouver un successeur, ne semble donc pas anormal.

Malgré ses nombreux efforts, sa stratégie n’a pas abouti. Le contexte économique n’a pas aidé. Mais comparé au suédois Ericsson, confronté aux mêmes contractions de marché et à la même concurrence des équipementiers chinois, l’échec est flagrant: depuis mi-2008 le cours de l’action Alcatel-Lucent a fondu de 66%, celui d’Ericsson a gagné 15%.

Depuis l’arrivé de Ben Verwaayen et la mise en place de son premier plan de réduction des coûts en décembre 2008, Alcatel-Lucent a lancé chaque année des restructurations pour un montant cumulé de 2,7 milliards d’euros. Mais, selon les calculs des analystes de Credit Suisse, la base de coûts opérationnels de la société n’a été réduite que de 350 millions d’euros sur la période «ce qui amène à s’interroger sur l’efficacité de ces plans». Le groupe n’a pas réussi à combler son déficit de compétitivité avec ses concurrents européens. Fin 2012, les charges opérationnelles d’Alcatel-Lucent représentaient environ 33% de son chiffre d’affaires, soit environ 2 points de moins que 4 ans auparavant.

Dans le même temps, celles d’Ericsson et de Nokia Siemens Networks ont été réduites de 2 à 4 points, pour tomber autour de 26% fin 2012. Plus petit et moins rentable que ses concurrents, le groupe franco-américain continue pourtant de développer un portefeuille de produits nettement plus large.

Preuve de la difficulté du groupe à dégager des profits, les analystes de la Société Générale s’inquiétaient hier des nouvelles pertes de la division équipements de cœur de réseaux du groupe au dernier trimestre 2012, alors que les commandes des opérateurs sur ce marché, notamment aux Etats-Unis, sont à des niveaux élevés. Un temps euphorique, avec une hausse de 11% du cours de l’action en début de séance hier, le marché s’est rapidement souvenu de l’ampleur de la tâche qui attend le futur remplaçant de Ben Verwaayen. Le titre a fini en baisse de 4,86 %.

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