Le décès de Liliane Bettencourt soulève la question du capital de L’Oréal
Liliane Bettencourt, fille du fondateur de L’Oréal Eugène Schueller, est décédée dans la nuit de merdredi à jeudi à l’âge de 94 ans, a annoncé hier soir sa fille Françoise Bettencourt Meyers. Jean-Paul Agon, le PDG du numéro un mondial des cosmétiques, ainsi que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, ont salué la mémoire de la femme considérée comme la plus riche du monde, dont le long conflit familial avec sa fille a défrayé la chronique depuis 2008.
Mais au-delà de l’événement, l’avenir de L’Oréal est dans les esprits. «Dans ce douloureux moment, je tiens à rappeler, au nom de la famille, notre entier attachement et notre fidélité à L’Oréal et à renouveler toute ma confiance à son président Jean-Paul Agon», a ainsi indiqué Françoise Bettencourt Meyers dans son communiqué. De même, Bruno Le Maire a souligné que Liliane Bettencourt avait «assuré durant toute sa vie la stabilité de l’actionnariat de l’une des principales entreprises françaises».
Car le décès de Liliane Bettencourt devrait changer la donne pour L’Oréal et Nestlé, actionnaire du géant mondial des cosmétiques. Non pas en raison de la participation détenue par la fille du fondateur (elle détenait 5.633 actions selon la déclaration de franchissement de seuils auprès de l’AMF du 17 juin 2016), mais parce que le pacte d’actionnaires entre L’Oréal et Nestlé (qui détenait au 31 décembre 2016 une participation de 23,12% au capital du groupe français), révisé en février 2014, stipule que le plafonnement des participations et des droits de vote expirera six mois après le décès de Liliane Bettencourt, soit en mars 2018.
Après cette date, Nestlé aura la possibilité de vendre sa participation. Or, le groupe suisse subit la pression du fonds activiste Third Point (qui détenait un peu plus de 1% de son capital fin juin). Ce dernier considère notamment que la vente d’actifs non stratégiques permettrait à Nestlé de procéder à des rachats d’actions. La famille Bettencourt Meyers, qui contrôlait 33,05% de L’Oréal fin 2016 (essentiellement via la holding Téthys), pourra acquérir tout ou partie de la participation du groupe suisse. Elle l’avait déjà fait en 2014, en rachetant 8% de ses actions à Nestlé – la faiblesse de la participation reprise avait à l’époque surpris. Mais la famille, dont on ne connaît pas les intentions, pourrait aussi trouver face à elle d’autres prétendants, puisque le droit de préemption a été supprimé dans le pacte modifié.
Plus d'articles du même thème
-
UBS affiche de nouveaux encours records en gestion d'actifs
La banque suisse a collecté plus de 6 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Elle gérait 2.228 milliards de dollars à fin juin. -
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars. -
QIC cède un opérateur australien de gazoducs à Morgan Stanley IM
Queensland Investment Corporation (QIC) a vendu Epic Energy, un opérateur de gazoducs en Australie-Méridionale, à Morgan Stanley Investment Management.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.