Le débat monte en Italie sur la limitation des salaires des dirigeants d’entreprises publiques
Le débat monte en Italie sur le projet du gouvernement de limiter un peu plus les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques. La motion annoncée en fin de semaine dernière par le président du conseil Matteo Renzi, dans le cadre d’un plan de réorientation de la dépense publique vers des mesures censées relancer la croissance économique, a été soumise hier à l’examen de la cour suprême de cassation.
Marianna Madia, la ministre de la Simplification et de l’Administration publique a précisé qu’en plus des rémunérations, le gouvernement souhaite que les retraites et autres pensions fassent partie de la réforme.
La volonté de Matteo Renzi est de limiter les salaires des patrons des entreprises publiques sous les 250.000 euros annuels, soit 20% de moins que le seuil actuel de 311.000 euros, peu respecté. La limite, largement inférieure à celle de 450.000 euros fixée par le gouvernement français en 2012, a été retenue en référence aux 248.000 euros perçus par le président de la République Giorgio Napolitano. Selon le gouvernement, la mesure permettrait de faire économiser 500 millions d’euros aux finances publiques en trois ans.
Dès vendredi, Mauro Moretti, l’administrateur délégué de la compagnie des chemins de fer italiens Ferrovie dello Stato, a menacé de démissionner et de quitter le secteur public si le projet voyait le jour. Le dirigeant explique gagner actuellement 873.666 euros par an, alors que son prédécesseur percevait plus d’un million d’euros. D’autres dirigeants d’entreprises publiques gagnent également plus que lui, comme le président de la Poste, Massimo Sarmi, dont la rémunération dépasse les 2,2 millions d’euros par an, ou le directeur général de la Cassa Depositi e Prestiti, Giovanni Gorno Tempini, avec plus de 1 million d’euros annuels. Plafonné à 250.000 euros, la rémunération des dirigeants des entreprises publiques deviendrait nettement inférieure aux traitements des grandes entreprises privés. Paolo Scaroni, le président d’Eni, dont l’Etat détient pourtant un peu moins d’un tiers du capital, a perçu plus de 6 millions d’euros en 2012.
Mauro Moretti a indiqué hier attendre une nouvelle proposition du président du conseil pour prendre sa décision. «On verra s’il réussit à me convaincre», a prévenu l’administrateur délégué de la SNCF italienne.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui