Le courtier Olam est fragilisé par les attaques du fonds Muddy Waters
Olam a fort à faire. Depuis le début de la semaine, le quatrième courtier mondial de matières premières agricoles se débat contre les accusations lancées par le fonds Muddy Waters. Le groupe singapourien a porté plainte pour diffamation devant la haute cour de Singapour. Il réclame des réparations ainsi qu’une interdiction de reproduction des déclarations de Carson Block, le fondateur du hedge fund.
Celui-ci reproche à Olam son niveau de dette et surtout de gonfler artificiellement ses bénéfices en exagérant la valeur de ses plantations agricoles qui doit être revue chaque année et comparée à leur valeur originelle, selon les normes IFRS (IAS 41). L’an dernier, les analystes de CLSA s'étaient également interrogés sur les méthodes comptables d’Olam.
Pour appuyer ses propos et espérer empocher une plus-value, Muddy Waters a pris d’importantes positions vendeuses sur le titre Olam. La direction du groupe suspecte d’autres fonds de s’être engouffrés dans la brèche ce qui expliquerait les forts volumes constatés sur le titre depuis quelques jours, deux fois supérieurs à la moyenne de ces trois derniers mois. Selon les données de Markit, les positions vendeuses représenteraient 20% du capital flottant d’Olam.
Carson Block est un habitué de ce type de combat. Cet américain de 36 ans est à l’origine de la chute du groupe forestier Sino-Forest, mis en redressement judiciaire à la suite de manipulations comptables et d’un effondrement de 74% du cours de son action. D’autres groupes asiatiques, pour la plupart cotés aux Etats-Unis ou au Canada, ont également eu à faire par le passé avec les méthodes musclées de Carson Block. D’où un impact fort sur le marché. «Quoi qu’il advienne, cela a sérieusement endommagé Olam, le cours de son action, et les investisseurs», reconnaît un analyste de DMG & Partners à Singapour.
Pourtant, la plupart des courtiers se veulent rassurants sur les conséquences financières qu’aurait à subir Olam si les accusations de Carson Block étaient avérées. «Si la nature même des plantations agricoles peut entraîner un degré de subjectivité dans leur valorisation, les 640 millions de dollars singapouriens (405 millions d’euros) représentent 5% du total des actifs du groupe et 19% de ses fonds propres», indique Citigroup.
Selon l’analyste de la banque américaine, même une dépréciation par deux de la valeur de ces actifs ne mettrait pas en risque les covenants d’Olam.
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