Le compte à rebours est désormais lancé pour la cotation d’Aperam

La valeur boursière de la branche aciers inoxydables d’ArcelorMittal est estimée entre 3,5 et 3,7 milliards de dollars par les analystes
Yves-Marc Le Reour

L’assemblée générale extraordinaire d’ArcelorMittal qui s’est tenue hier à Luxembourg a approuvé «à une majorité écrasante» la séparation de sa branche d’aciers inoxydables et spéciaux, préalable indispensable à la cotation en Bourse le 31 janvier prochain de la nouvelle entité baptisée Aperam en décembre. Les actionnaires d’ArcelorMittal, qui recevront donc comme prévu une action Aperam pour 20 actions ArcelorMittal, devraient être séduits par la croissance attendue de ce segment estimée par l’entreprise à 6% par an d’ici à 2015, par l’exposition de la nouvelle société aux marchés émergents (30% des ventes d’Aperam) et par des économies de coûts chiffrées à 250 millions de dollars d’ici à 2012.

«La scission d’Aperam augmente la visibilité d’un secteur mésestimé et elle prépare le terrain à la consolidation ultérieure du segment de l’acier inoxydable en Europe», juge Jeffrey Largey, analyste chez Nomura. Le principal risque est celui d’une «surcapacité du segment des aciers inoxydables, particulièrement en Europe», nuance cependant le bureau d’analyse de la Société Générale, en expliquant que la forte augmentation des capacités de production en Chine depuis cinq ans a amoindri les possibilités d’exportation des producteurs européens. La banque confère à Aperam une valeur d’entreprise de 4,8 milliards de dollars ou 3,7 milliards en valeur boursière. Un niveau proche des 3,5 milliards de dollars retenus en valeur boursière par JPMorgan Cazenove qui souligne l’importance des synergies dégagées «grâce aux liens que continuera d’entretenir Aperam avec son ancienne maison-mère au cours des deux premières années».

Les actions Aperam feront partie de l’indice CAC 40 «du 26 janvier jusqu’au 31 janvier après la clôture du marché», a précisé Nyse Euronext. Les analystes soulignent à ce propos le risque d’une pression à la baisse sur le titre pendant les deux mois qui suivront sa cotation à Amsterdam, Paris et Luxembourg. Plus que les effets d’une absence de lock-up de la famille Mittal qui détient 40,3% du capital, le risque principal proviendra d’investisseurs obligés de vendre l’action Aperam en raison d’impératifs de gestion liés aux indices. Les fonds indiciels «devront ainsi vendre environ 5,3 millions de titres représentant 181 millions de dollars, soit 7% du capital», estime-t-on chez JPMorgan Cazenove.

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