Le colosse ThyssenKrupp se remet sur ses deux pieds
ThyssenKrupp se refait une santé. Le conglomérat industriel allemand a renoué avec les bénéfices sur l’exercice annuel 2010 clos fin septembre, avec un résultat net de 824 millions d’euros sur la période. Il s’agit d’un très net redressement comparé à la perte de 1,9 milliard d’euros encaissée sur l’exercice précédent, durant lequel ThyssenKrupp a subi de plein fouet une baisse de la demande d’acier, cumulée à des charges de restructuration. D’ailleurs en août dernier, ThyssenKrupp évoquait encore un bénéfice d’environ 500 millions d’euros.
La hausse spectaculaire de l’Ebitda à 3,2 milliards d’euros (contre 192 millions un an avant), alors que le chiffre d’affaires progresse de 5% à 42,62 milliards d’euros, confirme «l’amélioration de la performance du groupe», selon Jeffrey Largey, analyste chez Nomura. «Toutes les divisions du groupe ont contribué aux bons résultats, à l’exception de Steel Americas, pénalisée par les coûts de démarrage de deux nouvelles usines, au Brésil et aux Etats-Unis», précise Tullett Prebon.
La diversité du portefeuille du groupe allemand, dans le secteur automobile notamment, en plein redressement, et la restructuration d’une partie de ses activités ont constitué un vecteur majeur de performance. Géographiquement, il est en outre moins exposé que certains de ses concurrents à l’Europe du Sud, où le marché du BTP est en berne. «Thyssen est exposé au marché allemand en plein essor ainsi qu’à un environnement relativement favorable en Autriche, Hollande et Scandinavie», précise Herman Reith, analyste chez BHF Bank. ThyssenKrupp table pour l’exercice 2010-2011 sur une hausse de son chiffre d’affaires de l’ordre de 10 à 15% et sur un résultat opérationnel ajusté de 2 milliards d’euros, alors que la prise de commandes sur l’exercice 2009-2010 ressort en hausse de 15% à 41,3 milliards d’euros.
A fin septembre, la dette nette du groupe était de 3,8 milliards d’euros, en hausse de 1,7 milliard sur un an, reflétant les projets d’investissement réalisés au Brésil et aux Etats-Unis, alors qu’il prévoit la construction d’une nouvelle usine en Chine de 170 millions d’euros. A 3,7 milliards pour des lignes de crédit disponibles de 4,7 milliards, «ThyssenKrupp affiche néanmoins des liquidités robustes», indique Tullett Prebon qui ajoute que «les échéances du groupe sont modérées» : 1,3 milliard en 2010-2011.
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