Le Club Med est suspendu aux intentions d’Andrea Bonomi
Rarement une OPA aura connue autant de rebondissements. Rarement aussi l’AMF aura fait preuve d’autant de fermeté. Alors que l’OPA de Gaillon Invest (regroupant Ardian, le chinois Fosun et le management du Club Méditerranée) devait se clôturer vendredi, le gendarme boursier a imposé à Strategic Holdings, devenu le premier actionnaire du groupe, de dévoiler ses intentions sur le Club Med au plus tard ce soir à 18 heures. L’AMF a donc prorogé l’offre de deux semaines, jusqu’au vendredi 6 juin.
Si certains estiment que l’AMF a tardé à intervenir et que le régulateur britannique serait intervenu bien plus tôt, le gendarme boursier français n’en est pas moins clair et exigeant. Il demande à Strategic Holdings – holding d’Andrea Bonomi – qui détient 10,66% du capital du Club Med et à «toute personne agissant de concert avec elle, ainsi que toute personne ayant un lien quelconque d’affiliation, de publier […] un communiqué afin d’informer le public de leurs intentions».
Auparavant, Strategic Holdings, dans une «mise au point», avait rappelé qu’il n’envisageait pas de prendre le contrôle du Club Med.
Andrea Bonomi ne pourra plus se contenter de cette réponse. Comme dans sa déclaration d’intention du 20 mai dernier, Strategic Holdings précise bien que les autres structures de la galaxie Bonomi pourraient agir: «Strategic Holdings et Investindustrial Private Equity appartiennent à des branches distinctes et ségréguées du groupe et opèrent et sont gérées de manière séparée et indépendante les unes des autres». Aujourd’hui, l’AMF demande aussi qu’Investindustrial Private Equity, notamment, déclare ses intentions. Déclarations qui engagent les intéressés pour une période de six mois, sauf modifications majeures au sein du groupe.
Pour l’heure, Strategic Holdings se borne à préciser qu’en cas d’échec de l’OPA de Gaillon, il a «à ce stade» l’intention de conserver ses titres et de «jouer pleinement son rôle de premier actionnaire de référence». Le fonds italien «n’entend pas changer la stratégie du management» et soutient le projet d’expansion, notamment en Asie.
En cas de succès l’offre, Andrea Bonomi a «pour le moment l’intention de conserver sa participation […] et de jouer son rôle d’actionnaire minoritaire de manière collaborative et constructive». Le succès de l’offre semble toutefois peu probable, l’action clôturant vendredi à 19,20 euros, au-dessus du prix de l’OPA de 17,5 euros. Même si l’initiateur était parvenu à sécuriser près de 40% d’apport, il lui sera difficile d’atteindre le seuil des 50%.
Par ailleurs, Gaillon Invest vient de subir un revers dans la bataille qui l’oppose à Edizione, la holding de la famille Benetton. Alors qu’au moment du relèvement de l’offre de 17 à 17,50 euros en juin dernier, Edizione s’était engagé à apporter ses 2,2% du capital, la famille Benetton a annoncé la semaine dernière ne plus apporter ses titres, provoquant la colère de Gaillon Invest.
Mais dans son ordonnance le tribunal de commerce de Paris a considéré que l’irrévocabilité de l’engagement d’apport n’était pas une question assez évidente pour être tranchée en référé qui suppose l’absence de contestation sérieuse, tout en constatant un manque de loyauté de la famille Benetton. Gaillon Invest réfléchit à l’opportunité de faire appel de cette décision.
Plus d'articles du même thème
-
Novartis relève ses objectifs pour faire oublier deux échecs cliniques
Le géant de l’industrie pharmaceutique a inscrit une dépréciation de 1,9 milliard de dollars dans ses comptes au troisième trimestre mais ses performances opérationnelles rassurent les investisseurs. -
IK Partners et NextStage améliorent leur offre de retrait sur Eurobio
Déjà à la tête de 90,14% du capital du spécialiste du diagnostic in vitro, les majoritaires complètent de 1,25 euro par action le prix de l'offre projetée. Celle-ci valorise le capital d'Eurobio à 267,3 millions d'euros. -
La dynamique du crédit en zone euro reste mollement positive
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises est ressortie stable en septembre malgré une baisse des flux nets mensuels, notamment sur les prêts longs supérieurs à 5 ans.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Inflation, chômage, pouvoir d'achat : le moral des Français au plus bas depuis treize ans
L’Insee a publié une enquête ce mardi et alerte du décrochage de la confiance des Français sur la situation économique de la France -
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions