Le climat économique pétrifie le marché des M&A dans les mines et les métaux
Les spécialistes des matières premières rêvent à un nouvel âge d’or. Pour l’heure, l’environnement macroéconomique met surtout en lumière des surcapacités et des prix des commodities en baisse, invitant les directions générales à la plus grande prudence. Elles concentrent ainsi leurs efforts sur la chasse aux coûts et l’amélioration des marges, délaissant nombre d’opérations de fusions-acquisitions à risque, comme l’ont prouvé les dépréciations de survaleur passées depuis deux ans dans le secteur. EY (ex-Ernst & Young) souligne ainsi que le marché mondial des M&A dans le secteur des mines et des métaux fait pâle figure.
Le nombre d’opérations finalisées au premier semestre a plongé de 30%, à 350. Et la hausse de 41% du volume total, à 78,6 milliards de dollars, trouve sa source dans le rapprochement entre Glencore et Xstrata. Hors cette transaction de 37 milliards, le volume des M&A chute de 26%. De quoi laisser craindre pour 2013 un troisième exercice consécutif de recul. L’attentisme est également visible sur le front des entrées en Bourse, avec sur la période 12 IPO (-69%) permettant de lever 459 millions de dollars (-35%), des niveaux inédits selon l’étude. La baisse de 4 points à 48% du volume des M&A transfrontalières (sous l’impulsion d’une consolidation domestique aux Etats-Unis et au Canada) constitue selon EY un signe supplémentaire de fébrilité.
Dans ce contexte où «les investisseurs ont perdu confiance» dans un secteur «sensible aux actualités économiques de court terme», selon EY, les prédateurs restent tout de même à l’affût sur le marché de l’or. Le montant des M&A y ayant progressé au premier semestre de 18% à 8,6 milliards. Ce segment s’est révélé le plus dynamique, tant en volume, devant celui du pétrole et du gaz, qu’en nombre d’opérations (un tiers du total, soit 124 transactions, un chiffre pourtant en baisse de 23%).
Au-delà, divers facteurs soutiennent l’activité de M&A, comme la quête d’actifs stratégiques de la part de sociétés publiques asiatiques ou les rapprochements entre petits acteurs qui «luttent pour survivre à des conditions de marché difficiles» et visent une taille critique pour financer de coûteux projets. L’étude souligne par ailleurs le rôle grandissant des «investisseurs non traditionnels», autrement dit financiers, qui voient dans le secteur un outil de diversification de leur portefeuille ou de génération «de gains en capitaux potentiellement significatifs».
{"title":"","image":"80162»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Adyen déçoit sur sa rentabilité et chute en Bourse
Le spécialiste des paiements a réduit sa cible de marge d'Ebitda pour cette année en dépit d'une hausse plus forte que prévu de ses revenus au troisième trimestre. -
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver -
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance -
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN»