Le « choc de compétitivité » s’invite dans le débat à l’ouverture de la Conférence sociale
« Le problème de compétitivité est indéniable et ce sera ‘l’un des chantiers de la Conférence sociale », a reconnu Pierre Moscovici, ministre de l’'économie, dimanche 8 juillet aux Rencontres économiques d’'Aix-en-Provence, pour ajouter cependant que « si le choc d’offre n’’est pas un tabou, nous n’avons pas fait ce choix. Remplacer la TVA sociale par une augmentation de la CSG n’est pas dans le projet de François Hollande ». Car un choc de compétitivité a été appelé de ses vœux par le Cercle des économistes à l’issue des Rencontres d’'Aix. « La difficulté immédiate est avant tout la faible profitabilité de l’immense majorité des entreprises, qui entrave leur capacité à innover, à exporter, à investir et à créer des emplois » observe-t-il en préambule dans sa Déclaration finale. Aussi « améliorer cette rentabilité passe par un transfert massif des charges sociales des entreprises vers la CSG et ce transfert n’aura d’’impact que si l’ordre de grandeur est suffisant, supérieur à ce qui était prévu pour la TVA sociale ». Un peu plus tôt, Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Economistes, avait même chiffré ce transfert à 34 milliards d’euros. Il avait d’ailleurs aussi estimé, au nom de l’’ensemble des membres du Cercle, que la baisse du coût du travail était également une condition indispensable au rebond de l’’Espagne, et d’’une manière générale des pays de l’Union en difficulté, et invité les dirigeants européens à mobiliser des fonds structurels, « de l’ordre de deux points de PIB, afin de financer une baisse significative des charges » précise la Déclaration finale.
Le sujet avait d’’ailleurs été abordé dans la journée de samedi, Patrick Artus, membre du Cercle des économistes, l’introduisant en se disant « peu convaincu qu’il y ait aujourd’hui en France un problème de financement des PME, qui serait un frein à la réindustrialisation ». Pour le chef économiste de Natixis, « échanger trois points de charges sociales contre trois points de CSG changerait complètement la profitabilité des entreprises ». Louis Gallois, ancien président d’'EADS et Commissaire général à l’'investissement, a d’’ailleurs pointé du doigt « la dégradation de l’autofinancement des sociétés françaises, passé de 90 à 65% (hors Cac) en quelques années » et milité lui aussi pour un « choc de compétitivité, via un transfert de 30 à 50 milliards de charges sociales vers la fiscalité, en particulier les taux intermédiaires de la TVA, voire celle des retraités ».
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