Le chantier de la réorganisation du capital d’EADS reste largement ouvert
Approuvée dans le calme la semaine dernière, la transition à la tête d’EADS laisse la place à un chantier tout aussi périlleux: la réorganisation du capital du groupe européen d’aéronautique. L’équation est complexe : permettre la sortie à moyen terme des actionnaires privés d’EADS, Lagardère côté français (7,5%), Daimler côté allemand (15%), tout en préservant les intérêts des Etats, maintenir la parité franco-allemande et prémunir le groupe d’une OPA.
Vendredi, dans un entretien au Figaro, Arnaud Lagardère, le nouveau président du conseil d’administration d’EADS pour cinq ans, a assuré que la sortie de son groupe du capital d’EADS n'était «pas à l’ordre du jour». Une inflexion de sa position alors que le gérant commandité de Lagardère envisageait il y a encore peu une cession à l’horizon 2013 de sa participation de 7,5%.
Sa nomination, le bon comportement de l’action EADS (+19% en un an), plébiscitée par une très grande majorité de courtiers (Exane et Citigroup par exemple vendredi), et les perspectives du secteur ont pesé dans cette volonté de rester au capital. Sans compter qu’une cession de ces 7,5% ne peut se faire sans l’aval de l’Etat français: le bloc est logé dans la Sogeade, un holding détenu en commun avec l’Etat, à la tête de 22,36% du capital d’EADS.
Côté allemand, le dossier est également épineux. En octobre 2011, Daimler et la KfW ont signé un accord de principe prévoyant le transfert de 7,5% du capital d’EADS, permettant au constructeur allemand de réduire de moitié sa participation. Mais les modalités financières n’ont pas été arrêtées. Or, depuis cet accord de principe, le cours de l’action EADS a gagné 25%, au grand dam de KfW. L’arrivée de l'établissement public allemand nécessitera également un amendement du pacte d’actionnaires qui organise actuellement les relations entre Sogeade, Daimler et le holding public espagnol Sepi (5,44%).
Enfin, ces différents transferts de titres ne pourront pas se faire sans une modification de la législation aux Pays-Bas. En effet, dans le cadre actuel, ces mouvements contraindraient les actionnaires à lancer une offre publique sur le capital du groupe. Cet ajustement législatif pourrait intervenir au second semestre 2012. Le chantier est donc encore loin d’être achevé.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation PCE accélère à son plus haut de trois ans aux Etats-Unis
L’indice PCE des dépenses de consommation des ménages a progressé de 4,1% sur un an en mai et de 3,4% pour l’inflation sous-jacente. Dans les deux cas comme attendu. Les marchés ont peu réagi, potentiellement conscients que la Fed attendra le prochain indice CPI paraissant au mois de juillet pour préciser ses vues sur l’inflation. -
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers. -
Les performances du non-coté s’érodent dans un environnement toujours contraint
Selon EY et France Invest, le TRI net à dix ans est tombé de 14,5 % à 10,7 % depuis 2021, tandis que le multiple moyen est passé de 1,66 à 1,48. Malgré ce recul, la classe d’actifs continue de surperformer les marchés cotés.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Casse-tête« On est dans une machine infernale » : le budget 2027 dans la nasse préélectorale
Sans majorité claire, Sébastien Lecornu doit arbitrer entre un recours au 49.3, avec ou sans négociations préalables avec le PS, et une ordonnance controversée pour faire passer le dernier budget avant l'élection présidentielle -
VigieFace à la taxe Zucman, la riposte libérale s'organise
Deux études concluent que la taxe sur les hauts patrimoines présente des incohérences et fragiliserait le tissu économique, enrichissant le débat sur la fiscalité à l’aube de l’élection présidentielle -
Tribune libreMonsieur le Premier ministre, ne sacrifiez pas l’apprentissage !
Dans une lettre ouverte, plusieurs grands acteurs de l'apprentissage demandent à Sébastien Lecornu de revenir sur la réduction drastique des financements de ces formations