Le changement de nom de Yell ne suffira pas à clarifier son avenir

L'éditeur d’annuaires, qui a publié une perte annuelle de 1,4 milliard de livres, a de fortes chances de rompre ses covenants avant mars 2013
Yves-Marc Le Reour

L’accord trouvé en décembre dernier par Yell avec ses créanciers pour alléger sa dette ne lui aura fourni qu’un court répit au regard de la dégradation persistante de ses résultats.

L’éditeur des «Pages Jaunes» britanniques, dont les revenus ont chuté de 14% à 1,6 milliard de livres (2 milliards d’euros) durant l’exercice finissant au 31 mars dernier, a publié une perte nette de 1,4 milliard après avoir déprécié de 1,2 milliard la valeur globale de ses opérations au Royaume-Uni, mais également aux Etats-Unis, en Espagne, au Chili et au Pérou où il s’est développé par acquisitions. «L’avenir des activités dans l’imprimé est très différent aujourd’hui de ce qu’il était il y a cinq ou six ans, au moment où ces rachats ont eu lieu», a commenté le directeur général Mike Pocock.

Les économies de coûts de 200 millions réalisées en un an, bien supérieures à l’objectif de 100 millions sur 2 ans annoncé en juillet 2011, ont été absorbées par le recul des recettes publicitaires affectant la version imprimée et numérique des annuaires, une évolution non compensée par le doublement des revenus émanant des services en ligne. L’excédent brut d’exploitation a en conséquence baissé de 10% à 461 millions. Avec 71% de son chiffre d’affaires encore généré par les annuaires imprimés, Yell a cependant reconnu n’avoir «pas progressé aussi vite qu’espéré pour développer de nouveaux produits, l’ampleur de la tâche ayant dépassé les capacités des équipes constituées depuis peu».

Yell a décidé de regrouper l’ensemble de son offre numérique sous la marque «Hibu» qui deviendra également sa nouvelle dénomination sociale, si cette proposition est approuvée par l’assemblée générale des actionnaires le 26 juillet prochain. Il a admis «un risque plus élevé cette année de ne pas respecter ses covenants financiers» pourtant allégés l’hiver dernier. Malgré une diminution en un an de 20% de sa dette nette à 2,2 milliards, 95% des échéances de remboursement sont concentrées sur avril 2014.

Le groupe a engagé Goldman Sachs et Greenhill pour restructurer son capital au cours des prochains mois, ce qui pourrait conduire à une conversion de dette en fonds propres, selon plusieurs analystes. L’action a plongé hier de 23,7% à 2,4 pence, réduisant à 57,4 millions de livres la capitalisation boursière du groupe.

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