Le changement de dirigeants annonce une nouvelle stratégie pour AstraZeneca
Les dirigeants français ont la cote à l’étranger. Après Hubert Joly, nommé la semaine dernière à la tête du distributeur américain d'électroménager Best Buy, Pascal Soriot dirigera à compter du 1er octobre le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca. Ancien de Sanofi, il était directeur des opérations de Roche depuis 2010. Spécialiste des questions de R&D, Pascal Soriot a longtemps dirigé la société de biotechnologie Genentech avant d’assurer son intégration dans le périmètre de Roche en 2010. La direction générale d’AstraZeneca était vacante depuis la démission fin avril de David Brennan pour mauvais résultats.
La nomination de Pascal Soriot annonce une redéfinition de la stratégie d’AstraZeneca, jusqu’ici fondée sur la concentration de la recherche sur quelques médicaments. L’expérience de Pascal Soriot dans les biotechnologies pourrait permettre de relancer l’innovation. Le laboratoire en a absolument besoin: il perdra au cours des cinq prochaines années l’exclusivité sur plusieurs de ses marques phares, dont Nexium et Seroquel, qui assurent au total 44% de son chiffre d’affaires. Le nouveau dirigeant participera à la revue stratégique lancée ces dernières semaines. Ses conclusions devraient être dévoilés en début d’année prochaine lors de l’annonce des résultats 2012.
Pour certains analystes, le deuxième laboratoire britannique pourrait également avoir besoin d’un nouveau plan de réduction des coûts pour se mettre au standard du marché, après celui renforcé en début d’année. Sur ce point, Leif Johansson, qui a pris la présidence d’AstraZeneca le 1er juin, a indiqué que les choses n’étaient pas aussi tranchées.
Quant aux acquisitions de taille que certains investisseurs appellent pour renouveler le portefeuille de médicaments, le président a indiqué que cela était peu envisageable, même si le laboratoire est repassé à l’offensive ces six derniers mois mais sur des affaires de plus petite taille. Reste la question du retour à l’actionnaire. Leif Johansson a assuré que les changements à la tête du groupe ne mettaient pas en risque la politique maison, la plus radicale du secteur.
En 2011, le laboratoire a redistribué 9,4 milliards de dollars, dont 5,6 milliards de dollars de rachats d’actions. Pour 2012, il s’est engagé sur une nouvelle progression du dividende et sur un programme de rachats de titres de 4,5 milliards de dollars.
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