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Le changement de cap de Nokia devrait hâter le recentrage d’Alcatel-Lucent
Le changement de cap de Nokia devrait hâter le recentrage d’Alcatel-Lucent
En rachetant les réseaux mobiles de son concurrent franco-américain, le groupe finlandais comblerait une absence de taille critique outre-Atlantique
Publié le
Yves-Marc Le Reour
La consolidation des équipementiers mobiles n’est sans doute pas encore arrivée à son terme. Elle a déjà débouché en dix ans sur une concentration autour de 4 principaux intervenants, Ericsson, Huawei, NSN et Alcatel-Lucent, qui détiennent 90% d’un marché mondial estimé à plus de 35 milliards d’euros cette année. Mais selon Morgan Stanley, cet oligopole reflète des positions concurrentielles hétérogènes selon les zones géographiques.
Ericsson, qui détient 36% du marché global, est particulièrement bien implanté en Amérique du Nord où il contrôle la moitié du marché devant Alcatel-Lucent (36%), alors que NSN, détenu à 100% par Nokia après le désengagement de Siemens, à moins de 10% de part de marché outre-Atlantique. Dans la région EMEA (Europe, Proche-Orient, Afrique), l’équipementier suédois est talonné par Huawei (32% contre 29%). Viennent ensuite NSN (23%) et Alcatel-Lucent (6%) surtout présent en France. En Asie-Pacifique, Ericsson contrôle 31% du marché devant Huawei (27%) et NSN (20%), Alcatel-Lucent prenant encore la dernière place (6%).
Un rachat des réseaux mobiles d’Alcatel-Lucent constituerait donc «laprochaine étape logique pour Nokia», jugent les analystes de Natixis. Si le groupe finlandais, en passe de céder ses téléphones mobiles, a restructuré avec succès l’activité de NSN, il souffre d’avoir comme unique gros client aux Etats-Unis T-Mobile, contrairement à son concurrent franco-américain qui fournit AT&T, Verizon et Sprint.
Le recentrage d’Alcatel-Lucent sur l’optique et la transmission par internet l’a conduit à cantonner ses activités de réseaux déficitaires dans une division «Accès». Pour renforcer son bilan, il serait sans doute prêt à céder la partie mobile «à un juste prix», que ces analystes évaluent à 3,5 milliards d’euros, soit 0,85 fois son chiffre d’affaires. Avec une trésorerie nette dépassant 7,5 milliards d’euros après sa transaction avec Microsoft, Nokia disposera des moyens financiers nécessaires.
Mais en dépit des synergies qui pourraient permettre de diviser par deux la base de coût des activités rachetées, ce gain estimé à 2 milliards d’euros serait compensé par «une charge de restructuration d’un montant similaire, plus deux années de consommation de trésorerie totalisant 2,7 milliards d’euros», selon les calculs de Morgan Stanley. Ce sacrifice permettrait néanmoins à Nokia de se hisser sur la deuxième marche du podium mondial.
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