Le capital des groupes publics portugais n’est plus protégé
Le bastion portugais est tombé. Le gouvernement vient de renoncer à son système de protection du capital des entreprises contrôlées partiellement par l’Etat. Prise par décret, l’abolition des «golden shares», ces actions dites «en or» car elles permettent d’opposer un veto à une décision stratégique, était demandée depuis des années par la Commission européenne afin de respecter le principe de libre circulation du capital. Lisbone avait résisté, malgré une procédure d’infraction ouverte par Bruxelles. Mais le gouvernement a fini par craquer. Il faut dire que l’abolition des «actions en or» faisait partie des conditions fixées par la Commission européenne pour apporter sa contribution au plan d’aide de 78 milliards d’euros accordé au printemps dernier au Portugal.
Trois sociétés portugaises disposaient encore de cette pilule empoisonnée: les groupes d’énergie Galp et EDP ainsi que l’opérateur Portugal Telecom. La protection n’était pas que théorique. Le gouvernement portugais n’avait pas hésité en 2010 à employer ses «actions en or» pour s’opposer au rachat de l’opérateur brésilien Vivo, filiale de Portugal Telecom, par l’espagnol Telefonica. L’Etat ne détient pourtant que 6,26% du capital de l’opérateur en télécoms historique via la caisse des dépôts locale. Aujourd’hui, Lisbonne ne pourrait donc plus s’opposer à une opération sur Galp, détenu à 8%, ou sur EDP (28%).
L’abolition des «golden shares» n’a pas profité aux actions des trois groupes portugais, emportées hier par la baisse générale du marché dans la foulée de la dégradation par Moody’s de la note de la dette du Portugal. Mais à moyen terme, elle devrait contribuer à entretenir la spéculation sur les fleurons industriels du pays. EDP est d’ailleurs clairement à vendre. Le gouvernement souhaite céder un bloc de 25% du capital d’ici à la fin de l’année, ce qui lui permettrait de faire rentrer un peu plus de 2,2 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat.
Le Portugal était l’un des derniers pays européens disposant de «golden shares». La France avait en 2002 renoncé, après un jugement de la Cour de justice européenne, à son «action en or» au capital de Total, héritée d’Elf Aquitaine. En revanche, malgré les condamnations de l’Union européenne, la Saxe et l’Etat fédéral allemand disposent encore de droits privilégiés au capital de Volkswagen.
Plus d'articles du même thème
-
Elliott IM met en garde contre un marché baissier d’ampleur
La société de hedge funds Elliott Investment Management compare l'état actuel des marchés, marqués par une prise de risque alimentée par l’endettement et une frénésie autour des nouvelles technologies, aux Années folles qui ont précédé la Grande Dépression. « À l’heure actuelle, pratiquement tous les signaux d’alarme annonçant un marché baissier d’ampleur sont au rouge », écrit la société, qui gère 80 milliards de dollars, dans une lettre aux investisseurs d’octobre consultée par le Wall Street Journal. -
Raphael Arndt (Future Fund australien) : « Nous sommes devenus plus sophistiqués ».
Le fonds souverain d’Australie vient de célébrer ses 20 ans avec un rendement annuel à deux chiffres. Créé en 2006 pour renforcer la situation financière à long terme du Commonwealth, le Future Fund constitue aujourd'hui le plus important actif financier du gouvernement australien, explique son directeur général, Raphael Arndt. -
Michelle Ostermann rejoint Standard Life comme directrice des investissements
L’ancienne directrice générale du Pension Protection Fund britannique dirigera aussi l’activité de solutions de retraite de Standard Life.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Guerre ou diplomatie : face à l'Iran, Donald Trump brouille les pistes
La menace d'une attaque américano-israélienne après les midterms est plus forte que jamais, mais le président américain assure désormais vouloir temporiser -
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3