Le capital d’AccorHotels prend l’accent chinois
Non content d’avoir mis la main début 2015 sur l’outsider français de l’hôtellerie, Jin Jiang vise maintenant le leader. Le groupe chinois, déjà propriétaire de Louvre Hotels (Campanile, Kyriad), s’impose comme le premier actionnaire d’AccorHotels. Au 24 février, il contrôlait 11,7% du capital et 10,21% des droits de vote du numéro un français de l’hôtellerie, selon un avis publié hier par l’AMF.
Entré discrètement au capital d’AccorHotels début 2015, Jin Jiang s’était progressivement renforcé au point de franchir le seuil des 5% du capital en janvier 2016. Ce bloc de 11,7% représente un investissement estimé à près d’un milliard d’euros aux cours d’hier. Jin Jiang confirme ainsi l’intérêt des groupes chinois pour l’industrie française du tourisme. Avant Louvre Hotels, le Club Med était aussi tombé entre les mains chinoises de Fosun.
Dans sa déclaration d’intention, Jin Jiang assure ne pas vouloir prendre le contrôle d’AccorHotels mais n’exclut pas d’acquérir d’autres actions. Il envisage de demander un ou plusieurs sièges au conseil afin de participer « à la définition de la stratégie de la société », précise sa déclaration. « S’il formule une demande, elle sera examinée », a réagi une porte-parole d’AccorHotels.
Le groupe assure de ses relations amicales avec Jin Jiang. Lors d’une récente rencontre, la direction de l’hôtelier chinois a prévenu Sébastien Bazin, le PDG d’AccorHotels, de sa montée au capital. « Les deux directions se connaissent bien », ajoute un proche du groupe français. Sébastien Bazin avait discuté l’an dernier avec ses homologues chinois lorsqu’il cherchait un partenaire pour se développer en Chine. Mais il avait signé avec Huazhu Hotels. Jin Jiang avait également concouru contre le groupe français sur Louvre Hotels. Dossier qu’il avait emporté en offrant plus de 1,2 milliard d’euros.
Amical, Jin Jiang bouscule néanmoins les plans d’AccorHotels. Sa montée intervient au moment où le groupe français prépare l’arrivée du fonds d’investissement du Qatar (QIA) et de celui du prince saoudien Al Waleed (KHC), à hauteur de 10,5% et 5,8% respectivement, pour financer le rachat de FRHI (enseignes Fairmont et Raffles). « Jin Jiang est favorable à cette acquisition », assure un proche d’AccorHotels. Deux représentants de QIA et un autre de KHC doivent entrer au conseil du groupe français. Il est possible qu’ils doivent faire de la place à des administrateurs chinois.
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