Le bout du tunnel n’est pas en vue pour le marché automobile européen
La question clé n’est pas de savoir à quel point l’année 2012 est médiocre mais s’il existe un espoir réaliste que 2013 puisse révéler une amélioration». Tel est le jugement sans appel lancé hier par Erich Hauser de Credit Suisse à la lecture des chiffres du marché automobile européen à fin novembre publié par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea). L’analyste voit «peu de raisons de croire à une hausse des volumes l’an prochain».
Certes la tendance des derniers mois invite à la prudence. En novembre, les immatriculations ont chuté de 10,3% au sein des Vingt-Sept (hors Malte), soit le quatorzième mois de baisse consécutif. La dégringolade atteint 7,6% depuis le début de l’année, à moins de 11,3 millions de véhicules. Un plus bas depuis 1993.
Le Royaume-Uni se distingue à la hausse, sur un mois (+11,3%) comme sur onze (+5,4%). Les autres grands marchés sont à la traîne. Au-delà d’un million d’unités en 2012, la France cède 19,2 et 13,8%), l’Italie 20,1 et 19,7%, et même l’Allemagne plonge à nouveau dans le rouge en novembre (-3,5 et -1,7%). Le Portugal et la Grèce figurent en queue de peloton, avec des chutes de 37,4% et 40,5% sur onze mois.
Sous l’angle des constructeurs, les généralistes continuent de pâtir le plus douloureusement de la morosité du consommateur, et particulièrement les groupes français. Avec des reculs de 15,6% et 27,7% en novembre, PSA Peugeot Citroën et Renault abandonnent respectivement 12,5% et 19,1% sur l’exercice. Erich Hauser se dit «surpris» de cette «piètre performance (de Renault) par rapport à la concurrence en dépit du lancement récent de la (nouvelle) Clio 4». Soutenu par Audi, Volkswagen fait de la résistance et gagne 1,6 point de part de marché sur onze mois, à 24,8%.
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