Le boulet de la dette oblige PagesJaunes à accélérer ses cessions d’actifs
Les atermoiements de la restructuration financière de PagesJaunes augmentent la pression sur le groupe d’annuaires qui doit recourir à d’autres solutions pour se désendetter. Fitch a en effet placé hier la note de crédit «B» de l’éditeur d’annuaire sous surveillance négative, alors que celui-ci a été contraint la semaine dernière de nommer un mandataire ad hoc pour faciliter les discussions avec ses créanciers.
L’agence concède que les fondamentaux du groupe ont peu changé depuis la dégradation de sa note décidée le 8 mai dernier; elle juge même que certaines initiatives prises depuis lors, comme la suspension prolongée du dividende, vont dans le bon sens.
Fitch considère cependant qu’en cas d'échec du processus mené par le mandataire, «la société n’aura d’autre choix que de se tourner vers les procédures spéciales et le déploiement d’un processus non-consensuel». Ceci accroîtrait le risque d’une dégradation de plusieurs crans de sa note de crédit, indique l’agence, qui a également placée sous surveillance négative la note «BB-» des obligations seniors sécurisées émises par la filiale PagesJaunes Finance.
Dans ce contexte tendu, PagesJaunes a annoncé que sa filiale Euro Directory avait cédé 38,9% du capital d’Editus Luxembourg à son coactionnaire PT Luxembourg. Premier opérateur de services postaux et de télécoms du Grand-Duché, ce dernier détenait déjà une participation majoritaire de 51% d’Editus, dont l’activité est principalement orientée sur les annuaires imprimés. A l’issue de l’opération, l’éditeur français conservera donc une part de 10,1% dans Editus.
Les analystes de Gilbert Dupont jugent cette opération bienvenue, dans la mesure où cela confirme «la volonté de PagesJaunes de réduire son endettement, ce qui pourrait inciter certains prêteurs réticents à accepter le plan de refinancement du groupe».
Mais avec un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, Editus «dégage sans doute une rentabilité opérationnelle inférieure à la moyenne du groupe PagesJaunes», nuancent ceux de Cheuvreux Credit Agricole. Cette cession pourrait générer «un flux de trésorerie de quelques millions d’euros», d’où un impact limité sur une dette de 1,8 milliard. Hormis la filiale espagnole QDQ, ils voient enfin peu d’autres actifs susceptibles d’être cédés.
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