L’avenir d’Eiffage se joue demain
Jour J demain pour Eiffage. Le conseil d’administration du groupe de BTP et de concessions devrait désigner mercredi son futur directeur général, appelé à succéder à Jean-François Roverato, l’actuel PDG. Si les noms des quatre prétendants sont déjà connus, deux candidats tiennent la corde, Pierre Berger, président de Vinci Construction et Grands Projets, âgé de 42 ans, le favori de Jean-François Roverato, et Olivier Barbaroux, 55 ans, président de Dalkia, qui serait préféré par le Fonds stratégique d’investissement (FSI), deuxième actionnaire d’Eiffage avec 20% du capital. Sont en balance la connaissance du secteur pour le premier, et l’âge et l’expérience pour le second.
Les neuf administrateurs, dont deux pour le FSI, devront s’accorder sur un nom. A l’instar des autres décisions du conseil, celle de demain devra être prise à l’unanimité. Il en va de l’avenir du groupe. D’autant que cette désignation ne signifie pas une prise de fonction immédiate. Dans l’hypothèse, peu plausible, où le candidat retenu ne serait pas celui de Jean-François Roverato, ce dernier pourrait conserver les rênes encore plusieurs mois, afin de laisser à son successeur le temps de connaître les métiers d’Eiffage. Mais le FSI ne devrait pas aller contre le candidat du groupe en raison de la très forte culture d’entreprise et de la présence des salariés au capital à hauteur de 34,6%.
Si Jean-Yves Gilet, directeur général du FSI a déjà manifesté son intention de débattre de la gouvernance lors de ce conseil et de la séparation des fonctions de président et de directeur général, Jean-François Roverato, 66 ans, devrait aller au terme de son mandat de président en septembre 2012. Le PDG d’Eiffage n’a pas habitué le marché à un départ anticipé! D’autant, qu’au-delà de cette échéance, avec 1,57% du capital, Jean-François Roverato pourrait rester un actionnaire actif…
Ce conseil devrait aussi donner l’occasion au FSI de préciser les raisons de sa demande d’audit externe sur les «enjeux financiers d’Eiffage à court et à moyen terme». Une idée qui ne devrait pas plaire à Jean-François Roverato. A la différence d’un concurrent comme Vinci, Eiffage détient peu de fonds propres, et a opté pour des prises de participations majoritaires afin de consolider les cash-flows. D’où une structure financière tendue. Néanmoins, les dettes sont essentiellement sur les concessions et sans recours sur Eiffage.
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