L’avenir de la sidérurgie européenne se jouera aussi en Chine
Le sort de l’industrie sidérurgique européenne, en proie à d’importantes restructurations, dépend en partie de la Chine. Alors que ce pays produisait moins de 18% de l’acier mondial en 2001 (voir graphique), il est devenu en dix ans à la fois principal producteur (45%) et premier consommateur (45%) de cet alliage. Dans le même temps, l’Union européenne a vu sa part dans la production divisée par deux à 11%, ce qui reflète «un transfert de la production de l’Europe vers l’Asie, avec une demande d’acier qui s’est également déplacée vers les émergents», notent les analystes de Coface dans une récente étude sectorielle.
Les principales entreprises du secteur (ArcelorMittal, Hebei Steel, Baosteel, Posco, Wuhan Group) étaient à l’origine de seulement 17,6% de la production mondiale en 2011. Cette fragmentation de l’offre est particulièrement forte en Chine, où s’activent des milliers de producteurs publics et privés. Les cinq premiers groupes s’y partagent 27% de la production nationale, essentiellement destinée au BTP, alors que la concentration de la production est bien plus élevée en Corée du Sud (81% de la production nationale répartie entre deux sociétés) ou au Japon (71% de la production aux mains de trois sociétés).
Cette structure du marché chinois «a favorisé les surcapacités de production d’acier à faible valeur ajoutée», amplifiées par la volonté de Pékin de freiner la bulle spéculative immobilière. L’augmentation des ventes d’acier chinois à l’export ainsi générée a coïncidé avec le recul en Europe des marchés de la construction et de l’automobile, deux segments qui représentent respectivement 50% et 12% des débouchés de l’acier. Si la production mondiale a progressé de 4,2% depuis début 2012, les prix en octobre ont chuté de 10,7% sur un an, ce qui pèse sur les marges de l’ensemble des producteurs.
De leur côté, les analystes de Moody’s anticipent pour 2013 une baisse de la demande d’acier en Europe comprise entre 2 et 4%, accompagnée d’une «dégradation modérée de la rentabilité opérationnelle des sidérurgistes ouest-européens». Ils maintiennent leurs perspectives négatives sur cette industrie dans la région, en étant plus optimistes pour les groupes originaires de la Communauté des Etats indépendants (8% de la production mondiale) qui «ont généralement des coûts de production inférieurs grâce à un niveau élevé d’autosuffisance en matières premières».
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