L’avenir de la division PC de Hewlett-Packard devrait être asiatique
La décision prise par Hewlett-Packard (HP) de se séparer de sa division d’ordinateurs personnels (PC) dans les 18 prochains mois devrait susciter l’intérêt de repreneurs à la recherche d’une taille critique sur un marché bien plus mature que celui des smartphones et des tablettes multimédia. Après avoir développé son activité PC au cours des 20 dernières années, le groupe américain l’a hissée au premier rang mondial avec des ventes estimées à près de 38 milliards cette année. Mais si la division représentait encore 30% de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre, elle a dégagé une marge d’exploitation de 5,9%, nettement inférieure à ses autres activités.
Les analystes de Credit Suisse estiment que cette activité PC «pourrait être valorisée 12 milliards de dollars», soit un peu moins de 0,3 fois les ventes de l’année en cours et 5,5 fois le bénéfice d’exploitation de l’activité. La reprise de l’ensemble de la division par une seule entreprise «n’est pas le scénario le plus probable», pronostique Carter Lusher, analyste du cabinet Ovum, qui table davantage sur une vente par appartements.
En cas de cession à un seul repreneur, le troisième fabricant mondial de PC, Lenovo, fait toutefois figure de favori. Après avoir acquis les activités PC d’IBM en 2005, le groupe chinois qui dispose d’une trésorerie de 3,8 milliards de dollars «ferait passer sa part de marché de 12% à 30%, ce qui lui permettrait de ravir à Dell la deuxième place mondiale tout en générant des économies d’échelle», relève Steven Tseng, analyste chez Samsung Securities à Hong-Kong. Avec 17,7 milliards de dollars de trésorerie à fin juin, le coréen Samsung Electronics est également cité comme autre prétendant à ce rachat qui renforcerait sa domination comme premier fabricant électronique mondial.
L’équipementier télécoms chinois Huawei pourrait être candidat «si HP décidait de jumeler ses activités de serveurs à la vente de ses PC», juge Vincent Chan, analyste de Yuanta Securities. Les taiwanais Acer et Asustek n’auraient quant à eux pas assez de trésorerie pour financer l’acquisition, sauf si HP décide de vendre son activité par appartements après l’avoir scindée, estiment d’autres analystes. En attendant, le changement de stratégie d’HP combiné à un abaissement de ses objectifs annuels ont fait plonger son action de 20%, à 23,6 dollars, vendredi à New York.
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