L’augmentation de capital de PSA Peugeot Citroën vire au casse-tête chinois
Le principe d’une augmentation de capital de PSA Peugeot Citroën ne fait plus beaucoup de doute. En vendant précipitamment la semaine dernière sa part de 7% pour échapper à une dilution qui aurait réduit à la portion congrue son investissement initial de 320 millions d’euros, General Motors a envoyé un signal clair. Le cours de PSA a plongé de 12,09% vendredi, pour finir à 9,34 euros. Une chute qui illustre tout autant le risque de dilution massive que l’absence totale de visibilité sur la levée de fonds du groupe.
La recapitalisation qui pourrait être lancée début 2014, deux ans après la dernière augmentation de capital de PSA, s’annonce complexe à mettre en œuvre afin de lever les 3 à 4 milliards d’euros dont le groupe aurait besoin pour assurer son avenir. En l’état actuel, PSA peut augmenter son capital de 20%, sans droit préférentiel de souscription, sans avoir à convoquer une assemblée générale extraordinaire. Cela reviendrait à émettre au maximum 71 millions d’actions nouvelles.
Au cours de vendredi soir, le montant des fonds levés s’élèverait ainsi à 667 millions d’euros. Il tomberait à 497 millions d’euros en appliquant le prix de 7 euros par action que réclamerait Dongfeng. Il faudrait alors placer entre 2,8 et 3 milliards d’euros sur le marché, via une émission avec droit préférentiel de souscription, pour atteindre les 3,5 milliards désirés. Un niveau improbable au regard de la capitalisation boursière de PSA, tombée à 3,3 milliards d’euros.
Selon les calculs des analystes de Goldman Sachs, la banque qui a vendu jeudi soir la participation de GM, l’Etat français et Dongfeng pourraient apporter à parité un total de 2,38 milliards d’euros, via une augmentation de capital réservée à 6,9 euros par action. Le solde de 1,12 milliard serait levé directement sur le marché. L’Etat et le constructeur chinois se retrouveraient alors chacun à la tête de 20% du capital, devant la famille Peugeot diluée à 15%, contre 25% actuellement.
Ce schéma nécessiterait la convocation d’une assemblée générale extraordinaire, pour entériner l’augmentation de capital réservée. Une majorité des deux tiers serait nécessaire. Avant la sortie de GM, les analystes d’Exane BNP Paribas, calculaient que PSA pouvait s’assurer sans difficulté 60% des droits de vote en AG. GM aujourd’hui hors du coup, la partie s’annonce plus serrée.
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