L’augmentation de capital de CS tourne à l’irrationnel
Rarement une augmentation de capital n’aura autant déchaîné le marché d’un titre. Lancée en plein cœur de l’été, la recapitalisation de CS connaît un emballement frénétique. Depuis sa cotation le 26 juillet à 0,62 euro à l’ouverture, le droit préférentiel de souscription (DPS) s’est envolé de 537%. Il cotait hier soir 3,95 euros, après être monté jusqu’à 6,95 euros, dans une séance pendant laquelle près de 320.000 DPS ont changé de mains. Dans le même temps, le cours de l’action de la SSII est passé de 2,34 à 2,82 euros, soit un gain de 20%.
Depuis leur détachement, une grande partie des DPS a été achetée par Cira, la holding de Mohamed Hamra-Krouha, ancien partenaire financier de Yazid Sabeg, le président et premier actionnaire de CS. Les deux hommes sont aujourd’hui en lutte ouverte.
N’obtenant pas le remboursement de la créance qu’il détenait depuis plusieurs années sur Sava & Cie, la holding luxembourgeoise de Yazid Sabeg, Cira a demandé en avril de recevoir les 16% du capital de CS qui avaient été nantis en sa faveur. Une décision de justice lui a donné raison. Avec les actions achetées sur le marché, Cira détient désormais 20,98% du capital et 19,86% des droits de vote de CS. Mais sa part devrait encore fortement augmenter une fois l’exercice des DPS achetés ces derniers jours. Quatre DPS permettent de souscrire à sept actions nouvelles, au prix de 1,36 euro par action.
La lutte entre les deux actionnaires, qui se joue également devant le tribunal de commerce de Paris, peut expliquer une partie de l’emballement autour du DPS. Mais les volumes et le déséquilibre du marché soulèvent de nombreuses interrogations, notamment dans le camp de Cira. Au plus haut, le prix du DPS hier valorisait l’action nouvelle CS à 5,33 euros, soit 77% de plus que le cours de Bourse. A ce niveau, autant acheter directement l’action sur le marché pour se renforcer au capital. La période de souscription est ouverte jusqu’à demain. Les résultats seront rendus publics le 9 août.
Pendant ce temps, Yazid Sabeg et Mohamed Hamra-Krouha poursuivent leur bagarre devant le tribunal de commerce. Ce dernier pourrait se prononcer aujourd’hui ou demain sur la demande de Cira de mise sous séquestre des actions CS transférées par Yazid Sabeg de Sava & Cie vers une nouvelle holding Duna & Cie.
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