Latécoère entre dans le dur de sa restructuration financière
Latécoère y verra un peu plus clair aujourd’hui. La direction de l'équipementier aéronautique, épaulée par ses conseils, dont la banque Rothschild, et par l’administrateur judiciaire Laurent le Guernevé a rendez-vous au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Compte tenu des enjeux pour la filière, et de la taille du dossier, ce dernier a pris la main sur la restructuration de la dette engagée dans le cadre d’un mandat ad hoc.
Fin juin 2014, Latécoère souffrait d’un endettement net de 319,6 millions d’euros, dont un crédit syndiqué d’une valeur comptable résiduelle de 218 millions d’euros. Un poids beaucoup trop lourd au regard de la trentaine de millions d’euros d’Ebitda annuel. Le groupe espère avoir trouvé un accord avant la publication de ses résultats 2014, au printemps 2015.
Cette réunion vise notamment à déterminer avec plus de précisions la géographie de la dette de Latécoère. Une grande partie, proche du tiers, est aujourd’hui détenue par les fonds Apollo Management et Monarch Alternative Capital, le premier ayant pris la direction des discussions. Mais l’identité des autres créanciers est nettement moins certaine. Décotée, la dette du groupe a énormément changé de mains ces dernières semaines. Selon une source proche du dossier, de toutes les banques impliquées dans le crédit syndiqué, seule la Société Générale serait encore au tour de table.
La réunion au Ciri doit également donner un premier chiffrage de l’ampleur de la restructuration. Selon un schéma classique, celle-ci nécessitera un effacement de la dette, contre du capital, et un apport de nouveaux financements, indique un proche. En supposant l’effacement de la moitié de la dette, cela représenterait 100% du capital actuel de Latécoère. Apollo, Monarch et les autres fonds engagés feront ainsi leur entrée au capital une fois la restructuration bouclée. Un mouvement jugé, à ce stade, relativement amical par le groupe, l’Etat et les principaux clients de Latécoère, dont Airbus.
L’expérience du groupe Constellium, bâti sur les actifs de l’ex-Pechiney par Apollo, a laissé de bons souvenirs à la fois à Airbus et à l’actionnaire public. Bpifrance est aujourd’hui le premier actionnaire du producteur d’aluminium dont le cours de Bourse a gagné 50% depuis son introduction à New York en mai 2013.
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