Lars Olofsson devient PDG d’un nouveau Carrefour, allégé du hard discount
«Vous êtes impatients, vous estimez que les choses ne vont pas assez vite […] je vous comprends», a lancé Amaury de Sèze, le président du conseil d’administration de Carrefour, en ouvrant l’assemblée générale d’hier. Il a d’ailleurs proposé, en fin de séance, de réunir les deux fonctions de président et de directeur général. Lars Olofsson est ainsi désormais PDG du distributeur, tandis que Sébastien Bazin (Colony Capital) obtient la vice-présidence. Le nouveau PDG a donc seul les rênes en main. D’aucuns s’interrogent sur sa longévité au sein du groupe si le plan de transformation ne porte pas rapidement ses fruits. Le défi est d’autant plus ardu que la tension est palpable au sein du groupe, avec la perte de confiance du personnel exprimée par plusieurs collaborateurs lors de l’AG.
Bernard Arnault et Colony ont toutefois obtenu un succès. Mobilisés (quorum de 68% contre 50% en 2010), les actionnaires de Carrefour ont voté à 77% la scission de Dia, la branche hard discount du distributeur. Un projet initié et poussé par ces deux actionnaires qui ne détiennent que 20% des droits de vote. Néanmoins, les opposants à la vente de Dia se sont largement exprimés au cours de l’AG, fustigeant la création d’un concurrent et la cotation sur une place étrangère engendrant des coûts supplémentaires pour les petits porteurs.
Lars Olofsson a préféré appuyer sur le succès des quatre Carrefour Planet pilotes (hausse des ventes de plus de 10%, gain de parts de marché) pour affirmer que Carrefour «est sur le bon chemin» mais n’a pas voulu dévoiler leur rentabilité. Sur le Brésil, des discussions seraient en cours avec Pao de Acucar, l’associé local de Casino, le nouveau PDG s’est refusé à tout commentaire, rappelant seulement que le groupe veut concentrer ses efforts sur certains émergents: Chine, Indonésie et Brésil.
Mathilde Lemoine, économiste de HSBC Group, a été élue à 89% comme nouvel administrateur et doit prendre la présidence du comité des comptes. En revanche, Bernard Arnault et Amaury de Sèze ont reçu une preuve de défiance, n’obtenant que 78% des voix. Le premier s’est vu reprocher par un petit porteur de n’être jamais présent aux AG depuis qu’il a été élu et sa démission a été demandée par deux actionnaires – propos salués par de larges applaudissements de la salle. Le second s’est déclaré «non utile» (sic), tout en assurant que Bernard Arnault «est tous les samedis dans un hypermarché» ! Amaury de Sèze devient néanmoins administrateur référent.
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