L’arrêt du 20 juin 2013 sur l’opération Icade-Silic fera jurisprudence
La cour d’appel de Paris rendra son délibéré dans l’affaire Silic-Icade le 20 juin prochain. Un arrêt qui fera jurisprudence.
L’Adam et SMAVie BTP contestaient hier devant la cour la décision de conformité de l’AMF du 24 avril 2012 du projet d’offre publique d’Icade sur Silic. « Pour établir l’existence d’irrégularités au regard du droit comptable entraînant une sous-évaluation de la valeur d’apport des titres Silic, nous nous sommes appuyés sur l’attestation d’un expert reconnu de la doctrine comptable, Xavier Paper, qui a été remise à la cour d’appel », explique Aline Poncelet, avocat associé chez Paul Hastings, assurant la défense de SMABTP.
Un an plus tôt, Groupama avait apporté ses actions Silic à la Holdco (holding ad hoc contrôlée par la CDC) pour une valeur unitaire de 79 euros, alors qu’elle valorisait les titres dans ses comptes à 103 euros, soit une moins-value pour Groupama. En contrepartie, la CDC a apporté ses titres Icade à la Holdco pour 1,8 milliard, alors que leur valeur nette comptable était de 2,5 milliards, la différence étant enregistrée comme un ‘badwill’. «Ce ‘badwill’ suivant le régime d’une prime d’apport, Groupama a un droit dans ces fonds propres de Holdco à hauteur de sa participation, qui compense largement la moins-value résultant de l’apport des titres Silic, ajoute Aline Poncelet. Ces opérations n’ont pas respecté le règlement comptable CRC du 4 mai 2004». La valeur d’apport des titres Silic est ainsi sous-évaluée, et seul Groupama bénéficie d’une compensation. Les autres actionnaires de Silic se plaignent au nom du principe d'égalité de prix lors d’un changement de contrôle, et réclament au moins 103 euros. Pour sa part, l’AMF a qualifié lors de l’audience les avantages en fonds propres de «simples écritures comptables».
Le projet d’OPE d’Icade sur Silic, «est en réalité une offre publique obligatoire sous forme d’OPE, poursuit Aline Poncelet. Il n’y a pas de précédent car ce n’est pas assimilable à une OPE volontaire. Les minoritaires – de fait majoritaires avec 56% du capital – n’ont pas la possibilité de refuser puisque cette opération vise à assurer la protection des minoritaires en cas de changement de contrôle. Les actions remises doivent donc être cotés, liquides et évalués au cours de Bourse ». L’Adam estime même que la transposition de la directive européenne en France impose une branche en numéraire dans cette hypothèse.
Plus d'articles du même thème
-
L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
L’annonce d’un prochain accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran est une bonne nouvelle pour les marchés européens qui ont particulièrement souffert de la crise énergétique. Mais tout n’est pas réglé. La réaction mesurée des marchés lundi en témoigne. -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »