L’appel d’une sentence arbitrale ne sera plus automatiquement suspensif
En réformant l’arbitrage, la France se donne les moyens de rester la Place de référence. Le décret publié vendredi au JO, et applicable dès mai 2011, intègre une partie de la jurisprudence émise depuis trente ans. «Alors que Paris a perdu des parts de marché ces dernières années au profit notamment de Genève, de Zürich et de Londres, ce texte, rendant la procédure d’arbitrage plus lisible et plus efficace, vient redynamiser la Place française», se félicite Charles Kaplan, avocat associé chez Herbert Smith.
Le texte confirme que le juge français saisi d’un recours contre une sentence arbitrale «ne rejuge pas l’affaire et ne peut vérifier que la régularité de la procédure : validité de la clause d’arbitrage, respect du contradictoire, régularité de la nomination des arbitres, ordre public, etc., poursuit Charles Kaplan. Mais maintenant, dans un souci d’efficacité, les parties peuvent renoncer à ce contrôle, même limité».
Pour les arbitrages internationaux, «les pouvoirs du juge d’appui – le président du TGI – sont étendus, explique Tim Portwood, avocat associé chez Bredin Prat. Désormais, il peut intervenir avant ou pendant la procédure d’arbitrage pour aider à la constitution du tribunal arbitral. Surtout, le juge d’appui a la possibilité de demander des pièces à des tiers. Une nouveauté essentielle qui rend la procédure arbitrale plus efficace».
Une exécution améliorée. Pour obtenir l’application d’une sentence arbitrale internationale en France, le plaignant doit demander une ordonnance d’exequatur au juge. Avant, «l’appel contre l’ordonnance d’exequatur était suspensif, poursuit Tim Portwood. Désormais, toute sentence est réputée exécutoire, même si un appel a été interjeté, dès le prononcé de l’ordonnance d’exequatur. Si l’on peut toujours demander la suspension de l’exécution au juge, elle n’est plus automatique comme dans le passé». La disparition de cet effet suspensif «constitue une autre avancée significative, ajoute Charles Kaplan. En effet, il faut attendre au minimum un an l’arrêt de la cour d’appel de Paris, et pour certaines parties, la mise en œuvre systématique du recours en annulation, suspensif, était une simple tactique dilatoire». En retirant ce frein, «l’arbitrage rendu en France peut rivaliser à armes égales avec ses grands concurrents européens, conclut Tim Portwood. D’autant que l’approche française reste très favorable ».
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger