L’APE se renforce chez Renault par un tour de passe-passe
Cela ne dénoterait pas dans un fonds d’arbitrage. Mais venant de l’Etat, la méthode a de quoi surprendre. Le montage dévoilé hier par l’Agence des participations de l’Etat (APE) va lui permettre de mieux faire entendre sa voix lors de l’assemblée générale de Renault sans avoir à débourser de cash.
Contrairement à ce qu’indiquait hier le communiqué des ministres de l’Economie et des Finances, les actions Renault ne sont pas à ce stade acquises par l’Etat. Les titres seront empruntés par Deutsche Bank auprès d’autres actionnaires, puis transmis à l’APE. 9,56 millions de titres ont ainsi déjà été cédés à l’Etat mardi par Deutsche Bank. La seconde tranche, de 4,4 millions de titres, sera constituée dans les mêmes conditions au cours des prochains jours. C’est la réaction du cours de Bourse de Renault, ou plutôt sa non-réaction alors qu’il aurait dû logiquement bénéficier d’un flux acheteur, qui a mis la puce à l’oreille de plusieurs investisseurs. «Le bloc de 9,56 millions d’actions n’aurait jamais pu être constitué sur le marché sans provoquer de décalage visible, le volume d’échange moyen sur Renault étant d’environ 1,3 million de titres par jour», indique un investisseur.
Le contrat signé avec Deutsche Bank prévoit un mécanisme d’options de vente et d’achat qui, une fois débouclé dans une période de six mois, pourrait permettre à l’Etat de devenir formellement propriétaire des actions en question. Il aurait alors à débourser entre 814 millions et 1,2 milliard d’euros. Mais s’il n’exerce pas le mécanisme d’options, sur lequel il est d’ailleurs le seul à avoir la main, l’Etat n’aura qu’à payer la commission négociée avec Deutsche Bank.
Avec ce mécanisme, «totalement inédit», reconnaît une source proche de l’APE, l’Etat s’évite donc une sortie de cash conséquente. Mais il suscite de nombreuses interrogations chez les investisseurs joints hier par L’Agefi. L’un d’entre eux s’étonne du montage alors que «le prêt de titres avant une AG est extrêmement mal vu par les autorités de marché».
De fait, dans le rapport Mansion de 2008, l’Autorité des marchés financiers s’était penchée sur le risque des opérations de prêts-emprunts de titres en période d’AG. «Il convient, sans interdire ces opérations, d’empêcher l’utilisation du prêt de titres dans le seul but de mener une action ponctuelle à l’égard de la société», écrivait le rapport.
Plus d'articles du même thème
-
Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust à Bruxelles
Avec l'ouverture de négociations exclusives pour le rachat de SFR, le passage de quatre à trois opérateurs télécoms en France est en jeu. Une option qui pourrait être rendue possible par l'assouplissement programmé des règles européennes sur les concentrations. -
Netflix inquiète les investisseurs avec ses prévisions et le départ de son cofondateur
Le titre du numéro un mondial du streaming chutait dans les échanges avant l'ouverture de Wall Street vendredi matin, en dépit de l'annonce d'une augmentation de son chiffre d'affaires et de son résultat net au premier trimestre. -
La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
La valorisation des forêts françaises atteindrait entre 150 et 200 milliards d’euros. Elle se développe de plus en plus dans les portefeuilles des institutionnels.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- Faute de moteurs, Airbus réalise son pire début d'année depuis 20 ans
- Apple domine le marché mondial des smartphones au premier trimestre
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
Patrimoine : dans son assurance-vie, faut-il miser sur des investissements dans le non-coté ?
Avec quelques centaines d’euros, vous pouvez désormais investir dans des entreprises n'étant pas présentes en Bourse. Ce que vous devez savoir avant de franchir le pas -
L'Iran va céder son uranium enrichi, affirme Donald Trump
« Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire enfouie profondément sous terre en raison de l’attaque que nous avons menée avec nos bombardiers B-2 », a assuré le président américain, jeudi 16 avril. La République islamique n’a pas confirmé l’information -
Dossier patrimoinePatrimoine : les cinq astuces pour améliorer votre contrat d'assurance-vie
Vous n’êtes pas satisfait du produit d'investissement ? Il existe plusieurs solutions pour doper potentiellement son rendement, faciliter sa gestion ou encore optimiser sa transmission