L’AMF veut une meilleure application du principe «appliquer ou expliquer»
Un mois après avoir émis ses recommandations sur la gouvernance et la rémunération des dirigeants des grandes sociétés cotées, l’AMF vient de dévoiler son bilan pour les valeurs moyennes.
Le régulateur souligne les progrès réalisés par les entreprises se référant au code MiddleNext, notamment sur une diversification accrue de la composition des conseils, sur une présentation centralisée des informations relatives aux rémunérations, et sur une large application des recommandations du code en matière de règlement intérieur du conseil, d’évaluation des travaux du conseil, ou encore de rémunération variable, d’actions gratuites et d’options. En revanche, l’AMF constate que l’information des sociétés ne se référant à aucun code est de bien moins bonne qualité.
Pour autant, le gendarme boursier estime que le principe «appliquer ou expliquer» est encore mal mis en œuvre. Il nécessite que les émetteurs communiquent toute l’information nécessaire sur les recommandations du code de gouvernement d’entreprise auquel ils se réfèrent. En matière de rémunération, l’AMF demande une information plus complète et détaillée. En outre, l’exclusion de certaines recommandations pourrait être davantage expliquée, telle que la règle relative au maintien du contrat de travail que «trop peu de sociétés justifient de manière pertinente», estime le régulateur.
L’AMF ne se contente pas d’émettre des recommandations. Elle adresse une série de pistes de réflexion à l’attention de MiddleNext, l’association professionnelle des valeurs moyennes, afin de faire évoluer son code. Le régulateur lui demande notamment de mieux préciser la mise en œuvre du principe «appliquer ou expliquer», de réfléchir à la mise en place d’un vote consultatif sur la politique de rémunération des dirigeants mandataires sociaux, de limiter à deux (et non à trois) le nombre de mandats d’un mandataire social dans d’autres sociétés cotées, de préciser les critères d’indépendance des membres du conseil, ou encore de publier les principales conclusions de l’auto-évaluation du conseil.
MiddleNext, qui planche déjà depuis deux mois sur une première évolution de son code de gouvernance, de décembre 2009, devrait ainsi répondre à l’AMF en prenant ou non en compte ces pistes de réflexion. Ce code révisé devrait être dévoilé à la fin du premier semestre 2014. En attendant, d’ici à la fin du mois, MiddleNext publiera son propre rapport sur l’application de son code.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE se résout à relever ses taux
La banque centrale a augmenté ses taux directeurs de 25 points de base, comme attendu. Une hausse présentée par Christine Lagarde comme un signal et non comme une hausse préventive. Elle ne donne pas d’indication sur ses prochains mouvements. Le marché en attend deux autres cette année. -
Les projections économiques de la BCE sont revues à la baisse
Le nouveau scénario économique du personnel de la BCE approche de la stagflation. Malgré tout, ces projections sont encore jugées trop optimistes. -
Les dépassements d’honoraires mettent le financement de la santé sous tension
La dynamique des dépassements d’honoraires en santé n’est plus soutenable. C’est le constat sans appel du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie publié le 9 juin. Ce dernier propose trois scénarios pour les réguler, avec des implications différentes pour les complémentaires santé.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Sky is the limit« L'entrée en Bourse de SpaceX dira si les marchés veulent suivre Elon Musk »
Pour la chercheuse Julia Tréhu, une IPO ratée pourrait raviver la crainte d'une bulle spéculative dans l'IA