L’AMF réclame un effort de transparence sur les survaleurs

Dans sa recommandation, l’autorité appelle les entreprises à plus de précisions et de pédagogie dans le traitement des facteurs de risques
Olivier Pinaud

La crise doit inciter les entreprises à plus de transparence. C’est en tout cas le souhait de l’Autorité des marchés financiers. «Certaines informations détaillées, considérées habituellement comme non sensibles, peuvent, dans le contexte actuel d’évolution très différenciée de certaines zones géographiques ou secteurs, devenir significatives, et nécessitent donc une communication simultanée à l’ensemble du marché», indique l’AMF dans une recommandation qui vient compléter celle sur l’arrêté des comptes 2011 et celle publiée en 2009 sur les facteurs de risques.

L’AMF explique que «l’information sur les secteurs opérationnels présentée dans les états financiers ne satisfait pas entièrement les attentes du marché». L’Autorité recommande ainsi aux sociétés cotées de fournir des «compléments d’information» afin de «mesurer les risques ou opportunités associés à certains pays ou sous-secteurs». Il s’agit par exemple «d’individualiser certains pays d’Europe» dans la communication financière. La présentation d’éléments susceptibles d’apprécier l’exposition économique de l’entreprise (créances, actifs, engagements…) «peut être pertinente pour certains pays», ajoute l’AMF.

Mais la recommandation de l’Autorité vise surtout à clarifier l’exposé des facteurs de risques, notamment le traitement des survaleurs. «Dans le cadre de la préparation des comptes consolidés, les émetteurs utilisent des estimations et certaines hypothèses susceptibles d’impacter leur situation financière (…). Elles ne sont pas aisément accessibles pour l’ensemble des investisseurs», regrette l’AMF.

Cette dernière recommande dès lors que «les éléments qui induisent un risque particulier soient repris et présentés de manière pédagogique». Des précisions particulièrement nécessaires «lorsque les hypothèses retenues dans le cadre des tests de dépréciation (…) reflètent une tendance qui peut sembler contradictoire avec les performances passées» ou lorsque «la valeur recouvrable des goodwills et autres actifs incorporels est proche de la valeur nette comptable».

Une situation que risquent de rencontrer de nombreuses entreprises. La baisse des marchés actions en 2011 a considérablement amoindri la valeur des actifs acquis. En octobre, Houlihan Lokey rappelait qu’entre 2006 et 2010 les entreprises du Stoxx 600 avaient dépensé plus de 1.900 milliards d’euros en acquisitions mais n’avaient déprécié que 187 milliards d’euros.

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