L’AMF promeut les mandats de gestion programmée
Un an après la mise hors de cause des 17 protagonistes dans l’affaire EADS par la commission des sanctions de l’AMF, le régulateur publie un guide sur la prévention des manquements d’initiés imputables aux dirigeants des sociétés cotées. Parmi ces mesures applicables à tout groupe quel que soit sa taille, la première reste l’obligation de porter à la connaissance du public, dès que possible, toute information privilégiée concernant la société.
La mission menée par Bernard Esambert, membre du Collège de l’AMF, fixe une série de recommandations, et prône le mandat de gestion programmée, un outil encore peu utilisé en France.
Ainsi, le régulateur recommande d’informer et de former toute personne susceptible d’être concernée; de désigner un déontologue chargé de donner un avis, consultatif, avant toute transaction; de codifier les obligations, sous forme de procédure écrite ou de code de déontologie; et de prendre des mesures appropriées pour protéger les informations privilégiées et limiter le nombre de personnes y ayant accès.
Et pour la première fois, l’AMF fixe un calendrier pour les «fenêtres négatives», rappelant que l’obligation d’abstention s’applique dès que les personnes concernées sont détentrices d’une information privilégiée, notamment dès la remontée des éléments comptables. Le régulateur fixe ces fenêtres à 30 jours calendaires minimum avant les comptes annuels et semestriels (et trimestriels s’il y a lieu), et 15 jours minimum avant l’information trimestrielle. Les délais actuels des sociétés du SBF 120 sont en moyenne de 26 et 16 jours, et généralement plus longs pour les grands groupes.
Enfin, l’AMF recommande la mise en place de mandats de gestion programmée très encadrés, qui permettent de bénéficier d’une présomption simple de non-commission d’un manquement d’initié. Le régulateur s’est inspiré des «trading plans» anglais et américains. Ce mandat est rendu public lors de sa conclusion et à chaque renouvellement. Comme le dirigeant fixe une instruction annuelle sur l’achat ou la vente de titres de sa société selon des modalités prédéfinies et qu’il s’interdit d’effectuer des opérations autrement que dans le cadre du mandat, l’exécution du mandat peut se poursuivre pendant les fenêtres négatives.
Le régulateur promet un premier bilan de ce guide dans trois ans et promouvra le dispositif des mandats de gestion auprès de Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
BP fait preuve de prudence pour l’ensemble de l’exercice 2026
Le groupe britannique a plus que doublé son bénéfice net ajusté au premier trimestre grâce à la contribution exceptionnelle du négoce pétrolier. -
Novartis compte renouer avec la croissance au second semestre
Le laboratoire suisse enregistre une baisse de 5 % de ses ventes et de 14 % de son résultat opérationnel courant au premier trimestre, sous l’effet de la perte de ses brevets sur son produit phare, Entresto. -
PARTENARIAT« Pour les banques, les nouveaux systèmes cloud vont répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
Contenu de nos partenaires
-
ParadoxesGérald Darmanin, ministre apprécié mais candidat ignoré
En près d'une décennie, l'ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy est devenu un ministre de premier rang. Ce changement de statut a encore du mal à passer parmi ses concurrents pour la prochaine présidentielle, y compris chez les partisans de son ami Edouard Philippe -
La Fabrique de l'OpinionAnna Samoliotova : « Le shadow AI ne doit pas être pris comme un défaut mais comme une ressource »
Anna Samoliotova : « Le piège, c’est de commencer par mettre en place des solutions très visibles, rapidement. On crée par exemple un chatbot interne, technologiquement parfait, mais qui ne sera pas utilisé parce qu’il n’a pas été construit avec les collaborateurs » -
L'air du largeOrmuz et les autres : ces points névralgiques qui nous rendent vulnérables
La situation iranienne nous rappelle que dans ce monde d’interdépendance, la planète entière dépend de quelques verrous stratégiques, à la territorialisation très précise, et souvent entre les mains de puissances riveraines ou voisines