L’AMF pointe du doigt les pratiques d’Orco et de certains de ses dirigeants
Le représentant du Collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a requis vendredi devant la commission des sanctions une série d’amendes à l’encontre d’Orco Property Group: 100.000 euros pour la société immobilière cotée, 30.000 euros pour Jean-François Ott, fondateur et président du groupe, ainsi que Luc Leroi, ancien administrateur délégué, et enfin 150.000 euros à l’encontre d’Ales Vobruba, directeur exécutif de la société pour la République tchèque et la Slovaquie. Les faits remontent au deuxième semestre 2008.
Le représentant du Collège reproche d’abord quatre manquements liés à l’obligation d’information, imputables à Orco, Jean-François Ott et de Luc Leroi. Le premier concerne l’explication donnée au marché en août 2008 à la hausse de l’Ebitda ajusté de la société d’investissement immobilier. Le représentant reproche une formulation «imprécise», qui «n’éclaire pas sur la nature de l’augmentation de l’Ebitda», liée notamment à un double retraitement comptable.
Le deuxième grief est dû au fait qu’Orco a communiqué à deux reprises, en août et en novembre 2008, un montant de trésorerie disponible qui comprenait une somme importante nantie ou placée sur compte bloqué. Cet élément n’avait pas été communiqué au public.
En outre, Orco aurait tardé à communiquer le reclassement d’un emprunt obligataire tchèque à long terme en dette à court terme du fait de la dégradation de sa note de crédit par Moody’s en juin (avant la clôture des comptes semestriels). Or, «le prospectus stipule que tout porteur de l’obligation peut demander son remboursement anticipé en cas de dégradation de la note de l’émetteur», rappelle le rapporteur.
Enfin, il est reproché à Jean-François Ott d’avoir vendu, via sa holding, des titres Orco entre juillet et octobre 2008, alors que dans un communiqué du 18 septembre – trois jours après la faillite de Lehman Brothers – la société indiquait qu’aucune action n’avait été cédée.
Le représentant accuse également Ales Vobruba de délit d’initié lors de la vente d’actions Orco entre décembre 2008 et février 2009, alors «qu’il était détenteur d’informations privilégiées relatives à la dégradation de la situation d’Orco». Cette dégradation était liée d’une part à l’aggravation anticipée de la situation de trésorerie du groupe, d’autre part à des difficultés de financement d’un projet immobilier majeur en Pologne.
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