L’AMF alerte sur le besoin accru de collatéral

A l’occasion de sa cartographie 2013 des risques, le régulateur fustige la prise de risque excessive des investisseurs en quête de rendement
Bruno de Roulhac

Bien que les risques de tensions sur les marchés financiers soient revus à la baisse par l’AMF, en raison notamment des politiques mises en place par les banques centrales, le risque systémique n’a pas disparu, prévient le régulateur dans le cadre de sa cartographie 2013 des risques.

D’ailleurs, la difficulté persistante des institutions financières et des entreprises non financières à restaurer leur profitabilité, et le risque de liquidité sur certains marchés lié à l’opacité des transactions, à la prévalence du trading à haute fréquence et à la réduction du market making des banques, constituent toujours des risques systémiques, même si le régulateur ne constate pas de détérioration. Pour l’heure, l’AMF milite pour une définition « rigoureuse » de la tenue de marché en Europe.

En revanche, l’AMF constate une prise de risque excessive des investisseurs en quête de rendements, dans un environnement de taux bas, avec un risque de bulle obligataire et de surendettement de certains acteurs lorsque les conditions de crédit seront moins favorables. Le régulateur alerte ainsi sur le risque d’exposition à une remontée rapide des taux d’intérêt, notamment pour des investisseurs ayant acquis à moindre coût des actifs dont la qualité a pu être hâtivement évaluée…

Aussi, les emprunteurs doivent «sans tarder restaurer leur solvabilité et leur profitabilité dans la perspective d’un retour des taux d’intérêt vers des niveaux plus proches des moyennes de long terme», prévient l’AMF. Et si d’aventure les taux se maintenaient à un très bas niveau, «le risque de mauvaise allocation des capitaux, de recherche de rendements ‘à tout prix’ et d’endettement excessif n’en est que plus fort», ajoute le régulateur.

En outre, l’AMF décèle un risque accru sur le fonctionnement des marchés lié à la hausse des besoins en collatéral de qualité afin de satisfaire les exigences règlementaires, avec la mise en place d’Emir et de Bâle 3. Le collatéral exigé, même s’il ne manque pas aujourd’hui, pourrait ne pas toujours être présent pour les acteurs qui en auront besoin localement ou sectoriellement. D’une part, sa réutilisation et sa transformation (via les techniques de rehaussement) se sont accrues. D’autre part, sa qualité risque d’être fortement amoindrie en cas de tensions sur les marchés.

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