L’américain Perrigo croque Elan pour bénéficier d’une fiscalité clémente
Elan a finalement cédé au chant des sirènes du prétendant idéal. C’est en tout cas le discours tenu hier par la direction du groupe pharmaceutique irlandais à l’annonce de l’accord signé pour son rachat par l’américain Perrigo pour quelque 8,6 milliards de dollars (6,5 milliards d’euros, y compris la trésorerie nette d’Elan s’élevant à 1,9 milliard de dollars). L’offre amicale serait le dernier épisode d’un feuilleton de plusieurs mois, la cible ayant repoussé plusieurs offres successives de l’américain Royalty Pharma avant de se mettre officiellement en vente le mois dernier.
L’opiniâtreté des dirigeants d’Elan a payé, l’offre de Perrigo valorisant chaque titre à 16,50 dollars (6,25 en numéraire et 0,07636 action Perrigo soit 10,25 dollars au cours de clôture de vendredi dernier), correspondant à une prime de 10,5% sur le dernier cours, contre 15,5 dollars pour la dernière sortie de Royalty Pharma avant de renoncer (13,0 dollars en numéraire associés à un certificat de valeur conditionnelle de 2,5 dollars maximum).
Ce certificat envisagé par le prétendant éconduit portait sur un produit très prometteur pour lequel Elan perçoit des redevances de la part de Biogen, le Tysabri, traitement de la sclérose en plaques dont les ventes ont déjà atteint 1,6 milliard de dollars l’an passé. Elan perçoit actuellement 12% des ventes, une part portée à 18% dès mai prochain et même à 25% pour le chiffre d’affaires au-delà de 2,0 milliards de dollars. Ce produit représente certes un argument de poids, tout comme Elan offre à Perrigo des perspectives de développement international de son activité.
L’intérêt crucial repose pourtant sur la domiciliation fiscale de la cible, l’Irlande présentant un cadre fort accueillant. Le nouvel ensemble, détenu à hauteur de 29% par les actuels actionnaires d’Elan, élira d’ailleurs le pays comme domicile, ses titres devant être cotés à New York et à Tel Aviv (héritage du rachat par Perrigo de l’israélien Agis en 2005).
Perrigo évoque une «optimisation de la gestion de sa trésorerie» qui, associée à des économies de coûts opérationnels, devraient permettre à l’opération de dégager des synergies annuelles de plus de 150 millions de dollars. Le directeur général de Perrigo, Joseph Papa, mise sur une baisse de plus de 10 points, de 30% à un peu moins de 20%, du taux d’imposition effectif des résultats de son groupe. Une gymnastique fiscale, pratiquée par Apple notamment, qui a récemment suscité la colère du Sénat américain.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice. -
Le broker XTB mise sur la cryptomonnaie
XTB a lancé une offre de trading proposant plus de 40 cryptomonnaies en Espagne en octobre. Le même service devrait être lancé en France prochainement.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts