L’Allemagne paiera un lourd tribut à la réorganisation de Volkswagen
Plus des trois quarts des 30.000 suppressions d’emplois prévues par le constructeur automobile concerneront des salariés basés outre-Rhin.
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Yves-Marc Le Réour
Le site historique de Wolfsburg en Basse-Saxe, où de nouveaux postes seront créés dans les technologies liées aux véhicules électriques et autonomes.
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Photo UE.
Le plan de réorganisation de Volkswagen (VW) n’épargne pas la base de production domestique de la première marque du groupe allemand. L’accord annoncé vendredi entre le constructeur automobile et ses organisations syndicales dans le cadre d’un «pacte pour l’avenir» prévoit la suppression de 30.000 emplois à l’échelle mondiale sur quatre ans, soit 4,8% de ses effectifs globaux. Ces suppressions de postes devraient générer des économies de coûts de 3,7 milliards d’euros par an à compter de 2020.
Jusqu’à 23.000 postes seront éliminés en Allemagne, ce qui représente 8,3% des salariés travaillant pour le groupe outre-Rhin, principalement dans des usines implantées dans la partie nord du pays. Le territoire allemand devrait ainsi générer plus de 80% du montant total des économies attendues. A l’étranger, la zone Amériques sera également concernée par ces mesures, principalement l’Argentine et le Brésil.
Après de longues négociations, les syndicats ont obtenu l’adoption d’un plan qui ne prévoit aucun licenciement sec en Allemagne jusqu’à la fin de l’année 2025, la baisse des effectifs se faisant «par le biais de réductions de postes à temps partiel, de départs naturels et de pré-retraites tenant compte de la courbe démographique», souligne le constructeur qui table sur une hausse de 25% de la productivité de ses usines outre-Rhin.
Le groupe entend ainsi porter la marge d’exploitation de la marque VW à 4% d’ici à 2020, soit le double du niveau attendu cette année, tout en faisant passer ses investissements industriels de 6,9% à 6% des ventes. Comme cette marque, qui représente 60% de son chiffre d’affaires consolidé, a enregistré une marge de 1,6% sur les neuf premiers mois de 2016, l’objectif fixé pour l’exercice en cours est qualifié de «très ambitieux» par Herbert Diess, président du directoire de la marque VW.
Les problèmes rencontrés par le constructeur n’ont pas commencé avec le scandale des émissions polluantes de ses moteurs diesel à l’automne 2015. La rentabilité d’exploitation de la marque VW est en effet structurellement inférieure à celle d’autres marques du groupe comme Porsche, Audi ou Skoda dont la marge atteignait l’an dernier respectivement 15,8%, 8,8% et 7,3%. Le constructeur français PSA a de son côté dégagé une marge opérationnelle de 6,8% au premier semestre 2016 sur son activité automobile.
En contrepartie des efforts acceptés par les syndicats, Volkswagen investira 3,5 milliards d’euros dans les technologies liées aux voitures électriques et aux véhicules autonomes dans les années à venir. Environ 9.000 postes seront ainsi créés, principalement sur le site historique de Wolfsburg et sur celui d’Emden, tous deux situés en Basse-Saxe, ainsi que dans l’usine de Zwickau en Saxe. Le site de Salzgitter (Basse-Saxe) développera en outre un projet pilote destiné à la production de composants pour batteries électriques.
Le constructeur aura recours à la mobilité interne et à certains recrutements externes de spécialistes afin de pourvoir ces nouveaux emplois. «Le conseil d’entreprise (Betriebsrat) s’est assuré du fait que ces futurs véhicules seront construit en Allemagne et pas dans d’autres pays», a commenté Bernd Osterloh, président du conseil d’entreprise de l’ensemble du groupe. L’entrée en vigueur de ce pacte pour l’avenir est immédiate et les engagements pris concernant les investissements et l’amélioration l’efficacité opérationnelle du constructeur «seront contrôlés en permanence au cours des trois prochaines années».
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