L’AGE de la dernière chance pour Belvédère est convoquée le 28 février
Belvédère et son administrateur judiciaire, Frédéric Abitbol, ont rappelé hier lors d’un point presse la nécessité de sauver les 3.300 emplois du groupe (dont 1.900 en Pologne et 700 en France) en adoptant le plan de continuation. Après la houleuse assemblée du 12 février, qui n’a pu se tenir faute d’avoir atteint le quorum de 25%, la société de spiritueux réunira son AGE en seconde convocation le 28 février à Paris. Et cette fois-ci, elle sera ouverte à la presse! Le tribunal de commerce de Dijon tiendra une audience le 11 mars suivant.
Si les actionnaires refusent le plan, le tribunal devrait prononcer la liquidation judiciaire, «aucun plan alternatif n’étant crédible», assure Frédéric Abitbol, y compris la proposition de redressement de Nicolas Miguet. Les filiales de Belvédère étant caution sur la dette FRN, elles devraient alors également passer en liquidation.
Depuis 2008, date d’ouverture de la sauvegarde, l’Ebitda dégagé par Belvédère ne permet même pas de faire face aux intérêts financiers. La dette financière s’élevait à 629 millions d’euros fin juin 2012 (dont 478 millions pour les FRN et 96 millions pour les Obsar).
Alors que la plupart des actifs sont grevés de sûretés au profit des créanciers FRN, les offres (ouvertes jusqu’à la fin du mois) n’atteignent que 154 millions d’euros (95 millions pour Marie Brizard et 59 millions pour la vodka). Aussi, «seule une conversion totale de la dette en capital permettra d’éviter la liquidation judiciaire très probable», ajoute Frédéric Abitbol.
Si l’AGE vote le plan de restructuration proposé, le tribunal devra l’adopter avant la date butoir du 20 mars et pourrait imposer une incessibilité des actifs pendant une période de deux ans. Les créanciers FRN détiendront alors 87% du capital, parmi eux Oaktree Capital deviendra le premier actionnaire avec 38% du capital mais ses droits de vote seront plafonnés à 19,99%, tandis que les actionnaires actuels seront dilués à 13%.
Premier défi pour Belvédère, atteindre le quorum de 20% (en seconde convocation). Le 12 février, après le départ de Nicolas Miguet, dont les droits de vote ont été réduits de 24% à 2,5%, le quorum est tombé à 20,2%. Ainsi, plus de la moitié des actionnaires de Belvédère sont toujours parfaitement indifférents au sort de la société et de ses salariés… Par ailleurs, Belvédère et Nicolas Miguet ont annoncé réciproquement leur intention de déposer une plainte au pénal.
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