Lagardère va devoir trouver une nouvelle ligne directrice
En vendant en moins de deux ans plusieurs pans d’activités du portefeuille (EADS, Canal+, Amaury, magazines), Arnaud Lagardère a atteint son premier but: retrouver une trajectoire ascendante et combler la décote de conglomérat dont souffrait son groupe. Le ratio cours sur bénéfice sur douze mois glissants a ainsi quasiment doublé en deux ans pour venir frôler la barre des 15 fois.
Rassuré financièrement, y compris personnellement, Arnaud Lagardère va pouvoir s’attaquer à la seconde phase: relancer la croissance du groupe. Lors de la présentation la semaine dernière de son plan stratégique à 5 ans, le dirigeant a promis une progression à données comparables des revenus supérieure à 3% par an d’ici à 2018. Un objectif jugé ambitieux par de nombreux analystes alors que les revenus de Lagardère se sont constamment effrités ces cinq dernières années. Pas de quoi en tout cas constituer une réelle «rupture» dans la trajectoire du groupe, selon la Société Générale, même si les analystes de la banque estiment que «Lagardère dispose désormais d’un portefeuille recentré (l’édition et la distribution dans les aéroports ou les gares représentent 80% des résultats) et qui se révélera moins cyclique une fois l’activité de logistique de la presse (LS Distribution) cédée».
Après avoir vendu, Arnaud Lagardère va devoir rassurer sur ses capacités d’investissement, alors que l’expérience malheureuse dans le marketing sportif a coûté très cher au groupe. Lagardère doit renforcer la division d’édition aux Etats-Unis afin d’accroître ses parts de marché actuelles de seulement 6% et ainsi mieux peser face à Amazon. Le groupe doit aussi nourrir son développement dans la distribution sélective (duty free…), un secteur croissant grâce à la progression du trafic aérien mais qui nécessite d’importants investissements pour gagner de nouvelles concessions.
Dans ce domaine, Lagardère est déjà le numéro trois mondial derrière DFS (groupe LVMH) et Dufry. La vente des 50% détenus par PAI Partners dans The Nuance Group, le numéro cinq du secteur, pourrait l’intéresser. Mais, en fonction du prix de vente, estimé à 1,2 milliard d’euros pour 100% du capital, l’opération risquerait de doubler le ratio de levier de Lagardère à plus de 1,7 fois l’Ebitda, calcule Exane BNP Paribas.
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