Lagardère n’a pas encore fixé les modalités du retour aux actionnaires

Le groupe de médias a publié un chiffre d’affaires légèrement en dessous des attentes du marché, mais maintient son objectif de marge 2013
Bruno de Roulhac

Lagardère plie mais ne rompt pas. En dépit d’un recul de 4,4% (-2,9% en comparables) de son chiffre d’affaires trimestriel à 1,88 milliard d’euros, en dessous des attentes du marché, le groupe de médias a confirmé son objectif de hausse de 0 à 5%, à changes constants, de son résultat opérationnel Média, supposant une baisse d’environ 7% des recettes publicitaires de Lagardère Active. Lors d’une conférence téléphonique, le groupe a précisé viser le milieu de la fourchette, soit 2,5%.

Au troisième trimestre, les quatre métiers du groupe affichent un recul et sur neuf mois, seul le publishing parvient à progresser très légèrement (+0,2%). Le chiffre d’affaires de Lagardère Active a reculé de 1,7% en comparables (-0,4% sur neuf mois), pénalisé par la chute de 11,2% des recettes publicitaires et le recul de 5,2% de la presse magazine. De mauvais chiffres que la hausse des recettes radios (+8,4%, dont +19,7%) n’a pas réussi à compenser entièrement.

Depuis quelques mois, le groupe est en pleine restructuration pour devenir un pur acteur des médias. Après la cession de sa participation de 7,4% d’EADS pour 2,28 milliards d’euros au printemps dernier, et la toute récente vente de ses 20% de Canal+ France pour 1,02 milliard d’euros, Lagardère a encore en chantier la cession de ses 42% de Marie-Claire, valorisés 125 millions d’euros en fin d’année dernière, et 90 millions fin juin.

Attendu sur l’affectation du produit de la vente des 20% de Canal+, Arnaud Lagardère a précisé que les détails du retour aux actionnaires n’étaient pas encore fixés. Auparavant, le groupe avait envisagé de reverser la moitié aux actionnaires – certains espèrent plus – soit 3,8 euros par action. Cette distribution exceptionnelle pourrait avoir lieu en fin d’année ou au premier trimestre 2014. L’autre moitié sera consacrée à la réduction de la dette, de 900 millions d’euros fin juin, et à des acquisitions.

Compte tenu d’une trésorerie nette attendue légèrement excédentaire en fin d’année, d’un dividende exceptionnel estimé à 500 millions d’euros et d’un dividende ordinaire stable à 170 millions, et du souhait de conserver une dette inférieure à 2,5 fois l’Ebitda, soit 1,3 milliard d’euros pour 2013, Gilbert Dupont chiffre la force de frappe de Lagardère à 700 millions d’euros.

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