Lagardère aurait beaucoup à gagner en cédant ses magazines internationaux
L’information n’est qu’une demi-surprise. Mais en confirmant sa réflexion sur une éventuelle cession de sa presse magazine à l’international (PMI), Lagardère a redonné espoir au marché, l’espoir d’une revalorisation prochaine.
Si une cession venait à se concrétiser, «elle devrait permettre au groupe d’afficher un profil de rentabilité beaucoup plus attractif», remarque Natixis. Car elle conduirait à un recentrage sur les activités de presse françaises «qui sont actuellement les plus rentables».
Ce recentrage serait d’autant mieux perçu que le marché attend aussi une possible IPO de Canal+ France en 2011 et à terme la cession des 7,5% encore détenus dans EADS. Il constituerait à l’évidence «un support supplémentaire» en vue de l’atteinte de l’objectif de 35 euros (contre 30,65 hier) fixé par CA Cheuvreux.
Côté crédit, l’abandon de ces activités encore en convalescence serait aussi bénéfique. En allégeant la dette nette (2,2 milliards d’euros à fin juin), il permettrait de mettre un coup de projecteur sur des spreads «toujours trop importants», d’après la recherche crédit d’Aurel ETC Pollak. Le bureau rappelle que la ligne 2014 (4,875%) traite à 235 pb au-dessus des swaps contre 96 pb pour la maturité équivalente chez Bertelsmann. Or, «Lagardère devrait être dans les BBB s’il était noté», poursuit Aurel, c’est-à-dire au niveau de Bertelsmann.
Néanmoins, «les incertitudes sur les prix de cession et leur timing nous incitent à la prudence», prévient CM-CIC en ajoutant qu’«une valeur de 200-300 millions pour la PMI nous paraît plus raisonnable» que les 500 millions évoqués. CA Cheuvreux n’atteint pas non plus ce seuil, jugeant crédible un prix de 300 à 400 millions en première approche. Quant à Natixis, s’il n’exclut pas une valorisation de 550 millions au vu de certains comparables cotés, sa fourchette de 0,5 à 0,8 fois le chiffre d’affaires fait aussi apparaître un prix d’entrée de 350 millions d’euros.
La question du prix pourrait d’ailleurs jouer sur la forme de l’opération. «Une sortie partielle pourrait être envisagée en cas de trop grande divergence sur le prix entre les parties», avance CA Cheuvreux. Chez Aurel, on n’écarte pas non plus le recours à une coentreprise, avec à la clé un moindre bénéfice en termes financiers.
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