L’AG de Vivendi plébiscite la scission d’Universal Music mais grince sur les rémunérations
Les actionnaires de Vivendi ont plébiscité la scission d’Universal Music Group. Réunie ce mardi matin à huis-clos, l’assemblée générale du groupe de médias a approuvé les deux résolutions relatives à ce projet à plus de 99%.
La scission d’UMG devrait intervenir à la fin septembre, sous réserve de l’admission préalable des actions de la maison de disques à la Bourse d’Amsterdam. Cette cotation pourrait intervenir le 21 septembre, a précisé Vivendi. Le président du directoire, Arnaud de Puyfontaine, a rappelé lors de l’AG que cette scission visait notamment à réduire la décote de holding de Vivendi et à mieux refléter la valeur d’UMG.
Vivendi conservera 10% du capital d’UMG suite à cette opération. Le groupe à déjà vendu 30% du capital de sa filiale : 20% au groupe chinois Tencent et 10% à la société américaine d’investissement Pershing Square Tontine. Cette dernière transaction valorise UMG à 35 milliards d’euros.
L’OPRA et les rémunérations contestées
En revanche, la résolution 23 visant à donner le droit à Vivendi de racheter jusqu’à 50% de son capital, à un prix maximum de 29 euros par action, a été plus contestée. Elle n’a été approuvée qu’à 73,62%, pour une majorité requise de 66%. C’est toutefois mieux que lors de l’AG 2019 : cette année là, la résolution accordant à Vivendi le droit de racheter jusqu'à 25% de son capital avait été votée de justesse (67,71%).
Plusieurs actionnaires dont les agences de conseil de vote ISS et Glass Lewis avaient appelé à voter contre cette résolution, craignant qu’elle serve d’abord les intérêts patrimoniaux du principal actionnaire de Vivendi, Vincent Bolloré.
Pour répondre à ces inquiétudes, le Groupe Bolloré a indiqué au début juin qu’il n’envisageait pas de demander de dérogation à lancer une offre publique d’achat s’il venait à franchir en hausse le seuil de 30% du capital ou des droits de vote du groupe de médias et de divertissement.
Enfin, comme en 2020, les actionnaires de Vivendi ont donné un sérieux avertissement à la direction sur les rémunérations des dirigeants du groupe. Le rapport sur les rémunérations n’a été adopté qu’à 64,28%. ISS et Glass Lewis recommandaient de s’y opposer. La rémunération du président du conseil de surveillance, Yannick Bolloré, n’a été adoptée qu’à 64,10%, contre 68,73% en 2020. La politique de rémunération des membres du directoire, comme la rémunération 2020 de certains membres du directoire ont été contestées à plus de 40%.
Alors que le Groupe Bolloré détient 29,73% des droits de vote, les minoritaires ont majoritairement voté contre ces résolutions sur les rémunérations. D’année en année, les minoritaires accroissent leur contestation sans que la direction la prenne en compte. Le Haut comité de gouvernement d’entreprise (HCGE), chargé de veiller au bon respect des codes de gouvernance de la Place, devra prendre le taureau par les cornes afin de pousser Vivendi à améliorer sa gouvernance et la démocratie actionnariale.
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