Lafuma va tenter de se relancer avec un nouveau plan stratégique

L’activité du groupe souffre des difficultés d’Oxbow. 161 postes vont être supprimés dans le cadre d’une réorganisation
Antoine Duroyon

La pente se raidit pour Lafuma. A l’issue de son premier semestre décalé, le groupe de vêtements et de matériels sportifs constate un recul sur un an de 15,4% de son chiffre d’affaires à périmètre constant. Les ventes ressortent à 102,9 millions d’euros, tandis que la perte opérationnelle courante s'établit à 4,3 millions d’euros. Dans un communiqué, la société basée à Anneyron explique cette dégradation de la rentabilité par la baisse des ventes d’Oxbow (-35%) «dans un contexte général de recul du marché du surf».

Rachetée en 2005, la marque Oxbow contraste avec les marques Eider et Millet (vêtements et équipements de montagne) qui continuent à afficher un résultat opérationnel positif. Lors de son dernier exercice annuel, le groupe a passé une dépréciation sur le pôle surf de 11,11 millions d’euros après une autre de plus de 21 millions d’euros sur l’exercice précédent. Sur ce premier semestre, la facture est encore plus lourde avec une dépréciation totale de la marque et de l’écart d’acquisition résiduel d’Oxbow pour 37,1 millions d’euros. En 2011-2012, le chiffre d’affaires d’Oxbow a atteint 53,5 millions d’euros, représentant 23,8% du total.

Alourdie par des éléments non récurrents, la perte nette du groupe culmine à 60 millions d’euros. Dans ce contexte, Lafuma a dévoilé un nouveau plan stratégique qui prévoit une réorganisation autour de trois pôles : «outdoor et montagne» (Lafuma, Millet, Eider), «mobilier» et «surf». Seuls les moyens logistiques et informatiques seraient communs à ces trois pôles. Sur le plan social, le redimensionnement de l’activité Lafuma Outdoor se traduirait par le transfert de 46 postes (vers Annecy) et la suppression de 78 postes. Chez Oxbow, 83 postes seraient supprimés. A fin septembre 2012, le groupe comptait 737 salariés en France.

Lafuma a confirmé son intention de réaliser «une augmentation de capital significative dans le cadre d’un plan de refinancement dont la mise en place est en phase active de négociation avec les partenaires bancaires». Les actionnaires ont approuvé en mars un projet d’augmentation de capital, avec DPS, pour un montant maximum de 60 millions d’euros. Le groupe suisse Calida, deuxième actionnaire du groupe depuis mars après le rachat d’une part de 15,2% détenue par la famille Joffard, a estimé hier que ces résultats auraient un «impact mineur» sur ses comptes.

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