Lafuma propose de diluer ses actionnaires jusqu’à 70%
Du rififi chez Lafuma. Le groupe de vêtements et de matériels sportifs a reporté sine die l’augmentation de capital annoncée en janvier, qui devait permettre au groupe suisse Calida d’en prendre le contrôle sans lancer d’OPA. Lafuma vient de confirmer «un recul important de son activité qui affectera significativement son résultat ainsi que la valeur de ses actifs pour l’exercice 2012-2013».
Sur son premier trimestre clos fin décembre, le groupe avait enregistré une chute organique de ses ventes de 15,7%, mais prévoyait un redressement. Désormais, il semble anticiper une poursuite de ce rythme de décroissance organique, dont -44% pour Oxbow (articles de surf) au premier trimestre, sur lequel de nouvelles dépréciations devraient être passées. Le groupe dévoilera son plan de développement en juin 2013.
Lafuma (-5,21% à 17,11 euros hier) veut aussi réorganiser l’intégralité de sa structure de financement, mais ne donne aucun détail. Une nouvelle inquiétude, alors que le groupe a déjà commencé à restructurer sa dette. Sa dette financière nette était même tombée à 17 millions fin septembre 2012 contre 48 millions un an plus tôt.
En janvier, la famille Joffard avait annoncé la cession de sa part de 15,2% de Lafuma à Calida, tandis que Philippe Joffard abandonnait la direction générale au profit de Felix Sulzberger, directeur général de Calida. Il reste président jusqu’à l’AG du 20 mars prochain.
A l’époque, Lafuma avait décidé du principe d’une augmentation de capital, avec maintien des droits préférentiels de souscription (DPS), accroissant de 50% le nombre d’actions existantes, soit une dilution de 33%. Désormais Lafuma demande à ses actionnaires de voter une autorisation d’augmentation de capital, avec DPS, portant jusqu’à 60 millions d’euros de capital nominal, soit plus de deux fois le capital social actuel. Dans cette hypothèse maximale, les actionnaires seraient, selon nos calculs, dilués de 71%.
Contacté par L’Agefi, Comir (20% du capital) n’était pas joignable, tandis que CDC Entreprises Elan PME (15%) assure qu’il «jouera son rôle d’actionnaire». En janvier, Calida et des actionnaires de référence garantissaient l’augmentation de capital, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’ailleurs, Calida ne s’engage plus à se maintenir sous le seuil de 29% du capital. Tout en essorant les minoritaires, le groupe suisse reste muet sur le lancement d’une OPA en bonne et due forme.
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