Lafuma a cassé ses covenants bancaires fin septembre
Un exercice 2012-2013 catastrophique pour Lafuma. Le groupe de vêtements et de matériels sportifs qui s’apprête à passer sous le contrôle du Suisse Calida, connu pour sa marque de lingerie Aubade, a signé une perte opérationnelle courante de 6,7 millions d’euros sur son exercice clos fin septembre, contre un bénéfice de 3,6 millions un an plus tôt. Ces mauvais résultats reflètent la baisse de 13,8% des ventes à 194 millions d’euros, et même de 29% chez Oxbow, et la réorganisation en cours.
La perte opérationnelle passe de 7,7 millions à 65,6 millions en un an, essentiellement en raison d’une dépréciation de marque et d’écart d’acquisition de 37 millions sur Oxbow (après une dépréciation de 10,7 millions l’année précédente), des frais de réorganisation pour 15 millions, et d’une révision de l’estimation des provisions sur stocks et créances clients pour -10 millions. La perte nette est presque multipliée par cinq à 71 millions d’euros.
Compte tenu de ces résultats et d’une dette financière nette de 23 millions, Lafuma a rompu ses covenants. Son ratio d’endettement doit être inférieur à 1, mais est de 1,1 fin septembre. Quant au ratio dette nette sur Ebitda, qui ne doit pas dépasser 3,5 fois, il ressort à 115.
Sur l’exercice en cours, exceptionnellement de trois mois (octobre-décembre 2013), pour revenir en année civile, Lafuma prévient que les ventes du groupe continueront à reculer. Seulement à partir de 2014, les pertes opérationnelles courantes devraient progressivement se réduire.
Lafuma reste dans l’attente de la restructuration de son capital. Lors de l’AG, qui se tiendra à Paris le 20 décembre prochain, les actionnaires seront appelés à supprimer le droit de vote double, à nommer trois administrateurs proposés par Calida (Philippe Bernaud, David Gemperle et Thomas Stöcklin), et surtout à approuver l’augmentation de capital de 35 millions d’euros réservée à Calida au prix de 14 euros par action. A l’issue de cette émission d’actions nouvelles, Calida détiendra 50,6% du capital de Lafuma.
Dans un deuxième temps, Lafuma lancera une offre publique d’achat simplifiée au même prix unitaire de 14 euros. Un prix jugé équitable par l’expert indépendant Accuracy.
Enfin, à l’issue de l’offre, le groupe procédera à une seconde augmentation de capital de 10 millions d’euros, cette fois-ci avec maintien du droit préférentiel de souscription, au prix de 9 euros par action.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés péruviens confiants avant le résultat de l’élection présidentielle
Les deux candidats Keiko Fujimori et Jorge Sanchez sont arrivés au coude-à-coude. Le résultat définitif ne devrait pas être connu avant fin juin. Les investisseurs ont déjà voté pour les politiques favorables aux marchés de la candidate conservatrice. -
La blockchain n'a pas attendu Wall Street pour faire débuter l'introduction en Bourse de SpaceX
Les investisseurs adeptes des paris sur les marchés de prédiction ont eu accès dès le début de cette semaine à des jetons, représentant fictivement la future action SpaceX. Ces jetons ne leur donnent toutefois aucun accès à la propriété sur les titres réels. -
Maurel & Prom et Mersen retrouvent le SBF 120
Si le conseil scientifique des indices ne touche pas au CAC 40 pour sa revue trimestrielle, il renouvelle le SBF 120 avec les deux entrées de Maurel & Prom et Mersen qui en chassent Elior et Nexity.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Sky is the limit« L'entrée en Bourse de SpaceX dira si les marchés veulent suivre Elon Musk »
Pour la chercheuse Julia Tréhu, une IPO ratée pourrait raviver la crainte d'une bulle spéculative dans l'IA -
Demain, c'est loinRetraites : au COR, comme un petit air de procrastination
Les partenaires sociaux ont adopté sans mal le rapport de l'organisme paritaire, balayant les projections alarmantes après 2045