L’affaire de corruption fait chuter l'équipe dirigeante de Petrobras
Le scandale de corruption qui empoisonne depuis des mois la vie de la compagnie publique brésilienne Petrobras a fini par avoir raison de sa direction. «Petrobras informe que son conseil d’administration se réunira vendredi pour élire une nouvelle direction après la démission de la présidente et des cinq directeurs», a fait savoir hier le pétrolier dans un communiqué laconique aux marchés.
Outre la PDG Maria das Graças Foster, le directeur financier ainsi que les responsables des activités gazières, de l’exploration, du raffinage et de l’ingénierie quittent le groupe. L’action Petrobras gagnait plus de 2% hier à la clôture des Bourses européennes. Elle avait déjà bondi de près de 15% la veille, suite à des informations de presse indiquant que la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, avait l’intention de remplacer la PDG avant la fin du mois, alors même qu’elle l’avait nommée à ce poste en 2012 et que les deux femmes se connaissent depuis plus de dix ans.
«La nomination d’un nouveau PDG ne résoudra pas les problèmes du groupe», juge Leonardo Alves, analyste chez Votorantim Corretora à São Paulo. Il semble de surcroît difficile d’attirer des candidats aptes à occuper ces fonctions tant que les déboires de Petrobras ne sont pas totalement éclaircis.
Selon la police, le réseau de corruption démantelé au sein du groupe aurait détourné au minimum 4 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) en dix ans, notamment au bénéfice d'élus et de parlementaires de la coalition au pouvoir. Un constat particulièrement dérangeant pour Dilma Roussef, qui fut présidente du conseil d’administration de Petrobras entre 2003 et 2010. L’enquête, qui a déjà entraîné l’arrestation de trois ex-dirigeants de la compagnie, met également en cause d’importantes entreprises de construction du Brésil, qui auraient versé des pots-de-vin à des responsables de Petrobras afin d’obtenir des contrats.
La compagnie a expliqué la semaine dernière que ce scandale avait largement contribué à faire chuter la valeur de ses actifs de 61,4 milliards de reais (20 milliards d’euros). Maria das Graças Foster avait alors précisé que Petrobras allait céder des actifs, réduire ses investissements et sans doute reporter le paiement de son dividende. En l’absence de comptes certifiés permettant de chiffrer avec précision l’impact de cette affaire de corruption, l’entreprise n’est actuellement plus en mesure de lever des fonds sur les marchés internationaux de capitaux.
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