Lafarge se montre opportuniste sur le marché obligataire
Depuis le sommet européen des 28 et 29 juin, le marché obligataire connaît un afflux d'émissions. Lafarge en a profité lundi en levant 500 millions d’euros à 7 ans. Un retour attendu pour le cimentier français, dont la dernière émission remontait à novembre 2010, et qui ne s’était plus présenté devant les investisseurs depuis la dégradation de ses notes de la catégorie investment grade l’an dernier. Pour l’occasion, le groupe a mobilisé dix banques: BNP Paribas, CA CIB, HSBC, RBS et SG CIB en première ligne, tandis que Citi, CM-CIC, ING, BBVA et Santander étaient teneurs de livre «passifs».
Noté Ba1/BB+, Lafarge n’a pas réalisé d’émission high yield à proprement parler. «Le groupe n’est qu’à un cran de la catégorie investisseur et a conservé sa documentation de type investment grade, souligne Jean-Philippe Brioudes, directeur des marchés de dette et de capitaux chez HSBC France. Lafarge a mené le 12 juin une journée investisseurs qui a confirmé au marché l’engagement du groupe à retrouver une notation investment grade.» Depuis début juin, le CDS 5 ans du cimentier est passé de 437 à 384 points de base.
Autre particularité, les obligations ne comportent pas de clause de step up ou de step down. En 2009 et 2010, Lafarge avait émis avec de telles clauses de step up, qui prévoyaient un renchérissement de 125 points de base du coupon en cas de dégradation en catégorie spéculative.
Lancé sans marketing préalable, l’opération a rapidement fait le plein. Le livre d’ordres a atteint 2,4 milliards d’euros auprès de 285 comptes, situés à 39% au Royaume-Uni et en Irlande et à 22% en France. Annoncé à 6,25%, le rendement a été ramené à 6%, soit un spread de 441 points de base au-dessus des swaps. Le coupon a été fixé quant à lui à 5,875%.
«Il s’agit d’un placement opportuniste, explique un deuxième banquier. Lafarge a voulu profiter de la fenêtre de tir pour accroître sa liquidité». Le cimentier n’a pas de grosses échéances de remboursement en 2012, avec l’équivalent de 462 millions d’euros de tombées obligataires réparties sur septembre et novembre. Mi-juin, il a fait état de 6 milliards d’euros de liquidités disponibles, dont 2,6 milliards de cash et 3,4 milliards sous forme de lignes de crédit non tirées.
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