Lafarge et Anglo American vont combiner leurs activités au Royaume-Uni
Même si Lafarge est parvenu à limiter à un demi-point l’érosion de sa marge d’exploitation l’an dernier, les réductions de coûts pratiquées semblent insuffisantes pour faire face aux difficultés rencontrées sur ses marchés européens les plus matures. C’est pour s’attaquer à ce problème que le groupe français a annoncé hier le rapprochement de l’ensemble de ses activités britanniques (ciments, granulats, béton prêt à l’emploi et enrobés bitumineux) avec Tarmac, filiale du groupe minier Anglo American qui entend à terme se désengager complètement de ce marché.
La coentreprise, qui «disposera de son propre conseil d’administration animé par un président indépendant», devrait générer des synergies récurrentes «supérieures à 60 millions de livres par an», équivalent à 71 millions d’euros, sur un excédent brut d’exploitation combiné de 210 millions de livres en 2010. Le PDG de Lafarge Bruno Lafont ajoute que cette opération, soumise à l’approbation des autorités de la concurrence, «sera sans impact en termes de cash» pour le groupe.
Un point important étant donné l’endettement toujours élevé du cimentier dont le cash-flow libre a baissé de 24% à 2,15 milliards d’euros sur l’année. Sa dette financière nette frôlait les 14 milliards à fin décembre 2010, en repli séquentiel de 5% mais en hausse de 1,4% par rapport à fin 2009. Bien que le groupe bénéficie «de 3,8 milliards d’euros de lignes de crédit confirmées assorties d’une maturité moyenne de 3 ans environ, ainsi que de 3,3 milliards de cash disponible», S&P et Moody’s ont menacé de rétrograder sa note de crédit (BBB- et Baa3 actuellement) en catégorie spéculative s’il ne parvient pas à renforcer son bilan.
Lafarge s’est donc engagé à réduire sa dette «d’au moins 2 milliards d’euros cette année», ce qui passera par des cessions d’actifs atteignant 750 millions et la division par deux du dividende, à 1 euro par action versé en espèces. Ce rythme de désendettement est jugé «très ambitieux» par les analystes d’Oddo Securities. Ils soulignent qu’un recul trop important des investissements induit par cet objectif compromettrait «les coûts de production, en cas de capex de maintenance insuffisants, et les parts de marché dans les pays émergents». Or, c’est bien de ces pays qu’émanera l’essentiel de la croissance de la demande de ciment, attendue par Lafarge «en hausse de 3 à 6%» en 2011 sur ses marchés.
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