L’Adam dénonce le manque d’impartialité du vice-président du Club Med
En apportant lundi son soutien à la contre-offre de Gaillon Invest II, le consortium emmené par le chinois Fosun, le conseil d’administration du Club Méditerrannée a exprimé son souhait que le groupe «retrouve dans les plus brefs délais le cours normal de ses activités». Dans un entretien publié hier par Les Echos, le vice-président du conseil, Georges Pauget, s’est montré encore plus explicite, alors que le comité d’entreprise a voté contre ce projet.
«Il faut que cette OPA se termine au plus vite. Une surenchère serait inopportune d’autant qu’avec un prix de 22 euros, d’aucuns s’interrogent déjà sur ses répercussions sur la société et ses salariés», a déclaré l’administrateur indépendant. «Je crois que comme moi, Andrea Bonomi (instigateur d’une offre antérieure à 21 euros par action, ndlr) a conscience de la nécessité d’une clarification rapide», a-t-il ajouté.
Une position qui fait bondir l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam). Dans un courrier adressé hier au président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) Gérard Rameix, sa présidente Colette Neuville dénonce une «double infraction». «Les déclarations de M. Pauget, visant à barrer la route à une éventuelle surenchère, apportent la démonstration de son manque d’indépendance et jettent le doute a posteriori sur la régularité de la procédure suivie depuis le dépôt de la première offre», écrit-elle.
Colette Neuville souligne ensuite une infraction à la réglementation boursière «qui place le libre jeu des enchères au premier rang des principes généraux à respecter par ‘toutes les personnes concernées par une offre’ (article 213-3 du règlement général de l’AMF)». A L’Agefi, la présidente de l’Adam rappelle enfin que «seule l’AMF a la possibilité de siffler la fin de partie» et que Georges Pauget ne peut en aucune manière s’y substituer.
L’article 431-1-1 du Code monétaire et financier stipule ainsi que «lorsque plus de trois mois se sont écoulés depuis le dépôt d’un projet d’offre publique [...], l’Autorité peut fixer, après avoir préalablement demandé aux parties de présenter leurs observations, une date de clôture définitive de toutes les offres publiques portant sur les titres de ladite société». La bataille pour le Club Med, lancée maintenant il y a près de dix-huit mois, n’en finit pas de rebondir.
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