L’actionnariat salarié devrait continuer à croître en 2019 après les records de 2018
L’annéerecord attendue pour l’actionnariat salarié en France a bien eu lieu ! En 2018, 32 entreprises du SBF 120 ont mené 35 opérations collectives (augmentations de capital réservées aux salariés et cessions d’actions) – dont 22 dans le CAC 40 – contre 32 opérations par 28 sociétés en 2017, selon les premiers résultats de l’étude Eres, qui sera publiée en septembre. «De nouvelles entreprises ont mis en place des plans collectifs d’actionnariat salarié, à l’instar de L’Oréal qui a initié sa première opération collective l’an dernier, précise Mirela Stoeva, responsable marketing chez Eres. La bonne santé des entreprises et leur confiance dans l’avenir les ont incitées à relever le montant des opérations.»
Surtout le montant des opérations a atteint le niveau record de 3,3 milliards d’euros, soit un bond de 24% par rapport au record de 2017 de 2,7 milliards d’euros. Et plus de deux fois le montant de 1,5 milliard d’euros enregistré en 2012, année où a démarré le baromètre.
Ce montant est même supérieur de 15% aux 2,6 milliards d’euros des offres publiques du SBF 120 l’an dernier – il est vrai très faible l’an dernier –, alors qu’en 2017 les opérations d’actionnariat salarié représentaient seulement 19% de la valeur des offres publiques.
En moyenne, une opération se montait l’an dernier à 111 millions d’euros, un niveau supérieur de 32% à la moyenne historique de 84 millions d’euros. En 2017, le montant moyen a atteint le cap de 101 millions. «Avec déjà 13 opérations annoncées à ce jour contre 10 sur la même période de 2018, cette tendance du nombre des opérations devrait se poursuivre en 2019», anticipe Pierre-Emmanuel Sassonia, directeur associé chez Eres.
Montée des activismes en Europe
En 2017, 39% des salariés du SBF 120 étaient actionnaires (contre 50%) en 2011. Ils ne détenaient plus que 2,2% du capital, contre 2,9% en 2012. Mais à ce stade, tous les documents de référence n’étant pas encore disponibles, il est difficile de savoir si cette érosion de la démocratisation de l’actionnariat salarié s’est arrêtée ou si elle se poursuit.
La loi Pacte vient renforcer l’attractivité de l’actionnariat salarié. «Elle étend les dispositifs notamment avec le forfait social abaissé à 10% sur l’actionnariat salarié, la décote qui passe de 20% à 30% maximum pour un blocage de cinq ans, précise Pierre-Emmanuel Sassonia. Avec une décote de 20% et un abondement de 100%, le salarié ne paye l’action que 40% du prix réel. L’abaissement de la décote va encore réduire le risque pour le salarié». L’actionnariat salarié constitue «un formidable outil de management pour les entreprises, explique Pierre-Emmanuel Sassonia. On constate que plus l’actionnariat salarié est élevé, plus le taux de départ de l’entreprise est faible». La loi Pacte veut aussi inciter les PME à adopter ces plans. «Les PME ont le désir de faire participer leurs salariés aux résultats de l’entreprise, mais privilégient plutôt les plans d’intéressement à l’ouverture du capital», poursuit Pierre-Emmanuel Sassonia.
Dans un contexte de montée des activismes en Europe, «un bloc d’actionnaires salariés, qui traditionnellement soutient plutôt la direction, constitue une protection pour l’entreprise, conclut Pierre-Emmanuel Sassonia. Rappelons que le budget global de ces opérations collectives doit être approuvé en assemblée générale, et résultat d’une stratégie copilotée par le management et les grands actionnaires, qui, naturellement, ne souhaitent pas être trop dilués».
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